Abonnez-vous maintenant

Pour lire tous les articles du Journal et créer votre blog à partir de 7€/mois

Alternatiba et les Vaîtes

Vendredi 23 octobre 2020 / Alternatiba Besançon

A l'heure actuelle, il n’existe pas de chiffres fiables connus sur le besoin en logements de la ville de Besançon ; le seul chiffre connu est le taux de vacance des logements de l'ordre de 10%. La séquence Éviter-Réduire-Compenser est inscrite dès … 1976 dans la loi de protection de la Nature. Éviter est donc prioritaire : c'est pourquoi Alternatiba s'oppose à tout projet de construction sur les Vaîtes, terres de maraîchage, de zones humides et d'espèces protégées. La rénovation de l'habitat disponible à Besançon doit passer avant toute nouvelle construction pour préserver des îlots de fraîcheur et de nature et pour diminuer la consommation de matières premières et d'énergie.

Le dérèglement climatique est une préoccupation majeure et urgente. La destruction de zones humides et des espèces protégées qui y vivent serait une aberration écologique. On peut également se poser la question de faire grandir les villes à l'infini, éloignant les lieux de production alimentaire des lieux de consommation, et concentrant les problèmes sociaux et sanitaires (l'épidémie actuelle du Covid en étant l'illustration).

Nous pensons par ailleurs que la construction de cet écoquartier ne résoudrait en rien les questions de mixité sociale, le coût des logements proposés ne les rendant majoritairement accessibles qu'aux classes sociales plutôt aisées. Ce projet de construction ne ferait le bonheur que de promoteurs, plus avides de gains financiers que soucieux du devenir de notre espèce humaine sur la planète.

Nous sommes loin d’être les seul.e.s sur cette longueur d'onde

Nous avions remis en novembre 2019 aux conseiller.e.s municipaux.les bisontin.e.s en place un résumé du rapport du cabinet B&L Évolution, cabinet de conseils aux entreprises et collectivités dans le domaine du développement durable : "toute parcelle de jardin doit devenir productive" et "aucune artificialisation de nouvelles terres dès 2019 " sont deux mesures parmi beaucoup d'autres pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C à la fin de ce siècle .

La Convention Citoyenne pour le Climat s'est également prononcée en ce sens :
- proposition SL 3.2 : Interdire toute artificialisation des terres tant que des réhabilitations ou friches commerciales, artisanales ou industrielles sont possibles dans l’enveloppe urbaine existante
- proposition SL3.4 : Protéger fermement et définitivement les espaces naturels, les espaces agricoles périurbains et les forêts périurbaines. S’assurer d’une gestion durable de l’ensemble des forêts privées et publiques. S’assurer de la création de ceintures maraîchères autour des pôles d'habitation

Enfin, le Conseil d’État a considéré, en date du 3 juillet 2020, que le projet de construction d'un écoquartier n’était pas justifié sur le site des Vaîtes parce qu'il n'y a pas eu de recherches sérieuses d'alternatives.

C'est pourquoi nous demandons à la nouvelle municipalité de ne pas reproduire les erreurs de l'ancienne équipe municipale : non, quand le bâtiment va, tout ne va pas ! Le courage politique, c'est de mettre au premier plan l'écologie en abandonnant tout projet de construction quel qu'il soit sur les zones cultivées et humides des Vaîtes.

Nous estimons d'ailleurs légitime l'occupation d'une partie des lieux dans le cadre de la désobéissance civile non violente suite à l'appel national du 17 juin à agir contre la ré-intoxication du monde.

Nous demandons également à la nouvelle équipe de surseoir à la construction du groupe scolaire dont les travaux débuteraient au printemps prochain ; cette école a été dimensionnée dans le cadre global de cet écoquartier dont on espère bien qu'il ne verra pas le jour. A quoi servirait cette école dans ces conditions ? Sur de telles terres historiquement de haute valeur agricole ? C'est un non-sens écologique. Consacrer le budget prévu pour ce groupe scolaire à la rénovation des écoles primaires existantes relèverait du bon sens économique.

L'heure est à un réel changement de cap où les demi-mesures n'ont pas leur place eu égard aux enjeux climatiques et sociaux. Il est temps de déclarer l'état d'urgence climatique !

Recommander cet article
0