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Les bonnes nouvelles s'échangent à Montain

Lundi 26 février 2018 / Daniel Bordür

Et si on faisait un café des bonnes nouvelles ! Lancée il y a quelques semaines, à la fin de 2017, lors d'une réunion bilans et perspectives de la Fruitière à Idées de Montain, l'idée a joyeusement été adoptée. Et le premier café des bonnes nouvelles s'est tenu vendredi 23 février entre 18 et 19 heures, et même un peu plus. 

Le prof de philo honoraire Christian Boisson avait préparé un petit topo tout en nuances et en précisions pour présenter ce qu'était une bonne nouvelle à la vingtaine de participants. Quand il expliqua en avoir une trentaine dans sa botte, certains se dirent à part soi « et la mienne de bonne nouvelle, celle que je suis venu présenter ? » D'autres ne la gardèrent pas pour eux, à l'image de la prof de dessin honoraire Geneviève Canone : « ma bonne nouvelle, c'est l'échec du musée du street art », lança-t-elle.

Dans l'assistance, une dame en fut interloquée : ah bon, mais pourquoi s'en réjouir ? Le plasticien Alain Bouvier expliqua alors que le Mausa avait selon lui tout faux. D'abord parce que le street art est urbain et que le Mausa est à la campagne, entre Sellières et Toulouse-le-Château. Ensuite parce que le porteur du projet n'a pas l'air très réglo avec les entreprises qu'il fait travailler, avec les artistes qu'il fait venir, avec le département à qui il a acheté les forges de Baudin... Enfin parce que le street art est un art populaire, un art de la rue qui doit justement y rester, dans la rue, et non pas se réfugier derrière un guichet. Bref, Alain Bouvier n'apprécie pas la spéculation sur l'art en particulier et la culture en général.

Ghislaine, une des chevilles ouvrières de la Fruitière à Idées, avait hâte d'expliquer la bonne nouvelle qu'elle a lue dans une revue de yoga : la reconnaissance de la personnalité juridique du fleuve Whanganui par le Parlement de Nouvelle Zélande. Certes, l'affaire remonte à près d'un an, mais les mauvaises nouvelles ayant vite fait de reprendre le dessus sur les bonnes, celle-ci s'est retrouvée sous la pile. Parmi les convives de la Fruitière, personne ne s'en souvenait, mais tout le monde s'est réjoui. Et qui sait si ça ne va pas donner des idées à quelques uns. Par exemple reconnaître la personnalité juridique à la forêt des Tartaroz, à Poligny, pas très loin de Montain.

Cette forêt des Trataroz sur laquelle pèse justement la perspective d'un village de vacances, aujourd'hui bloqué par un recours juridique devant le tribunal administratif. En cause, le plan local d'urbanisme qui prévoit de rendre un bout de forêt constructible, ce qui indigne tout le monde à la Fruitière à Idées.

Mais on était là pour parler des bonnes nouvelles, hein ! Alors on s'est réjoui de la prochaine venue de Laure Subirana. Cette habitante de la Petite montagne a écrit un roman haletant mettant notamment en scène un amoureux des arbres, un peu sorcier, prescient à ses heures... Tenant du thriller environnemental, nanti d'une intrigue policière bien tournée, le livre (Gabriel, premier tome d'une trilogie - Hasard et perception - dont les suivants ne sont pas encore sortis) a du mal à quitter les mains de qui s'y plonge. L'écrivaine sera à Montain samedi 3 mars à 16 h.

L'autre bonne nouvelle est la venue de Charles Piaget, samedi 7 avril à la même heure. celui qui fut leader non autoritaire de la longue et emblématique lutte pour l'emploi des salariés de Lip dans les années 1970 à Besançon, est aujourd'hui militant d'une association d'accompagnement des chômeurs. Je lui ai présenté la Fruitière et il a accepté de venir. « De quoi veux tu que je parle ? », m'a-t-il interrogé. Pourquoi pas de la force du collectif ?, ai-je répondu, ayant en mémoire ses propres mots décrivant la solidité du collectif des Lip, lors d'une récente réunion à Besançon.

Ce 23 février, d'autres bonnes nouvelles ont été échangées. La fin programmée du glyphosate dans la filière comté a recueilli des bravos. Le renouvellement des échanges de bonnes nouvelles aussi. On tâchera de le faire un vendredi par mois. En même temps que le dépôt de pain bio de Frédéric, le paysan-boulanger de la ferme des agités de Sellières... La prochaine aura sans doute lieu avant une expo de dessins et de peintures déjà passée par le Colombier des arts de Plainoiseau, le village voisin... 

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Commentaires

Merci MONTAIN pour cette bonne initiative, ça donne envie d'y aller !

Soumis par barnier isabelle le 27 fév 2018 - 19:41.