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Manque d'eau dans les gorges du Doubs !

Vendredi 7 août 2015 / Daniel Bordür

Les aménageurs de camping n'ont pas tous planté une tente dans leur vie. A moins qu'ils se disent qu'un camping est fait pour les caravanes. D'abord, ils ne visent que rarement l'horizontalité. Une légère pente se corrige avec les vérins d'une caravane, avec les cales de roues d'un camping-car, pas quand on dort sous une tente de rando, forcément légère. La mienne était quasi championne du monde quand je l'ai acheté il y a plus de quinze ans. Marque norvégienne en ripstop, genre toile de parapente. 2,3 kg pour deux places confortables (1,60 m de largeur aux épaules) et une grande abside pour protéger sacs à dos et faire la cuisine, moins d'un mètre de haut - ça entretient la souplesse...
Il faut avoir l'œil pour trouver les quelques mètres carrés relativement plats pour bien dormir : les matelas ont une tendance à glisser dès que ça descend, même de 1%... Et alors, me direz-vous, où est le problème ? Vous vous arrêtez de glisser au bout de la tente ! Certes, mais on prend le risque d'humidifier le sac de couchage en cas de contact avec le double toit, et la rosée, quand il ne pleut pas, ça mouille ! 
Donc, je recommande aux aménageurs de camping de travailler avec un niveau. Les maçons le font bien. J'ai une seconde revendication à leur soumettre : utiliser de la terre plutôt que des petits cailloux tranchants pour compenser les pentes dans les espaces bien plats réservés aux tentes. Car qui plante une tente, plante aussi des sardines. Et dans les graviers, au pire elles ne pénètrent pas, au mieux elles se tordent.
De ce point de vue, le camping de Glère s'en sort bien, pas celui de Goumois où j'ai tordu la moitié des sardines tandis que l'autre ne tenait rien faute de pouvoir s'enfoncer dans le sol. Heureusement, le vent n'a pas soufflé. 
Bon, je vais aussi dire du bien de ce camping de Goumois. Bonnes douches, sanitaires propres, wifi efficace et gratuit, et même un lave linge également gratuit. Tout ça pour moins de 9 euros à deux. Le hic, c'est le sèche-linge. Pour 2,50 €, il ne sèche rien du tout et il faut pendre le linge humide. Avec la rosée et la brume matinale (Goumois a implanté son camping dans le secteur où elle se dissipe en dernier), tout est à recommencer. C'est ce que nous avons fait à l'occasion d'une longue pause déjeuner en repartant vers l'amont, sur un très joli emplacement de pique-nique au bord de la rivière. 
Des Suisses allemands ont préparé un barbecue et arraché quelques jeunes arbres dans la forêt. Un natif du secteur vivant à l'île de Ré est venu montrer le coin à un ami. "L'océan, c'est super, mais je reviens ici tous les étés..."
Et puis on est reparti dans les magnifiques gorges du Doubs, profondes, sauvages, difficiles d'accès. On n'a pas rencontré grand monde. Normal, l'aménagement est minimal. On a surtout failli manquer d'eau. Pas question de boire celle du Doubs avec tout ce qu'on sait sur les pollutions de toutes sortes. 
Heureusement, on a rencontré des campeurs venus en quad avec les enfants du village voisin de Frambouhans. Ils étaient à côté d'un super abri aménagé pour le pique-nique avec quelques places de barbecue et une cave ! Ils y avaient entreposé 10 litres d'eau potable et nous en ont donné de quoi remplir nos gourdes. On les a aussi remplies au restaurant de Biaufond, côté suisse. 
La question de l'eau est une vraie préoccupation pour les randonneurs. Pourquoi ne pas installer un robinet public aux usines hydrolélectriques du Refrain et du Chatelot ?