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Quelques réponses sur Revenu le universel, en évitant les fausses querelles...

Lundi 25 mai 2020 / Génération.s Grand Besançon

Si nous souhaitons prolonger le débat avec Séverine en toute cordialité militante c’est parce que comme elle, nous sommes des citoyen-ne-s engagé-e-s qui essayons d’enrichir nos propres réflexions ouvertes et non définitives, par le dialogue et l’échange d’arguments.

Mais pour que cela fonctionne il serait bon de ne pas caricaturer les positions de l’interlocuteur et éviter les fausses querelles. Car Génération.s considère par exemple comme urgente aujourd’hui la réduction du temps de travail. Nous pensons comme beaucoup de forces de gauche et de l’écologie que ce serait une mesure efficace pour l’emploi,  l’économie, l’égalité femme/ homme et la transition écologique... De plus cette proposition souhaite s’inscrire dans la cohérence d’un projet à construire avec l’ensemble des forces de gauche et de l’écologie pour offrir une alternative crédible et désirable à la crise écologique, sociale et démocratique actuelle.

De la même façon, nous partageons avec Séverine son intérêt pour la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) proposée par Romain Biard et défendue par les Objecteurs de croissance. Rappelons qu’il s’agit d’une dotation versée à tous et de manière égale, de la naissance à la mort, afin de garantir un niveau de vie décent déconnecté de l’occupation d’un emploi. Cette dotation serait individuelle, inaliénable et cumulable à tout autre revenu. Cette DIA est très proche du Revenu universel d’existence. Question de vocabulaire !

Mais par contre, elle nous semble bien éloignée sinon contradictoire avec l’idée du salaire à vie défendue par Séverine. La proposition de Bernard Friot s’inscrit davantage comme un aménagement de la société de production au profit des salariés. Et il est difficile de voir dans l’emploi-salarié à vie généralisé pour tous, le modèle d’émancipation des hommes et des femmes. Il est à priori assez éloigné de l’idéal d’émancipation des premiers socialistes ( cf l’article 2 de la Charte d’Amiens) et de l’aspiration des citoyen-ne-s d’aujourd’hui.

Le Revenu Universel comme la Dotation Individuelle d’Autonomie se veulent être un outil permettant la réalisation des droits fondamentaux de chaque individu en se débarrassant de la centralité du travail et de l’idéologie productiviste et consumériste qui l’accompagne.

Nous croyons à Génération.s que le Revenu Universel est une rare proposition nouvelle de gauche susceptible d’entraîner des changement dans la vie quotidienne des citoyens et citoyennes ordinaires. C’est pour cela qu’elle intéresse beaucoup de monde.

En détachant le revenu du mérite attaché au travail, il oblige à repenser le contenu du travail lui-même. Car si l’on peut assurer une partie de ses conditions d’existence sans « travailler », alors on n’accepte plus d’être exploité -e de la même façon....

Quelques questions urgentes pour aujourd’hui ...et le jour d’après.

Toute notre protection sociale est assise sur la production économique. Elle est aujourd’hui à l’arrêt. Peut on penser une protection sociale qui ne serait pas assise d’abord sur le salaire ou le salaire différé ?

Au moment où il faut partager le temps de travail, repenser la production, la relocaliser, mettre fin au libre-échange et produire moins, comment assurer la justice sociale ? Ne faut il pas imaginer un filet minimal qui doit être inconditionnel ?

Alors que nos sociétés vivent des mutations importantes: robotisation, économie numérique , parcours de vie diversifiés, ne faut il pas créer un dispositif nouveau de protection permettant à l’ensemble des travailleurs et pas seulement aux salariés de faire face à ces mutations ?

Comment permettre un complément de ressource à ces millions de travailleurs non salariés qui n’arrivent pas à vivre décemment de leur travail : agriculteurs, artisans, autoentrepreneurs, intermittents temps partiels ...?

Enfin,ne faut-il pas reconnaitre et valoriser les « activités d’utilité sociale » non marchandes, le bénévolat, l’aide aux personnes fragiles, l’engagement associatif qui sont aussi essentielles au fonctionnement de notre société que le seul travail-emploi?

Le comité local de Génération.s vous invite à poursuivre ce débat en participant aux rendez-vous du Revenu universel les 3 et 4 juin sur Facebook .

Pour le Comité Génération.s de Besançon
Marcel Ferreol, Barbara Romagnan, Kevin Bertagnoli

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Commentaires

Bonjour,

La grande différence entre revenu universel (et le salaire socialisé) tel que vous le proposez et la DIA vient du fait que cette dernière est fortement dé-monétarisée.  L'avantage est la réflexion collective que cela entraîne pour définir ce que doit entrer dans le champ de la DIA. Je vous invite à lire ce texte de Paul Ariès : http://paularies.canalblog.com/pages/pour-un-revenu-social-demonetarise/25068581.html

"le revenu social n’est pas un revenu de survie… Il est lié à la notion de gratuité donc à la construction de « communs », il est donc un instrument du passage vers une autre société et non pas une façon de faire survivre les naufragés du système."

Soumis par Romain Biard le 25 mai 2020 - 13:52.

  limites du bénévolat, exemple , comment remercier les personnes qui élèvent leurs enfants ,accompagnent les anciens de la famille, bénévolat ,postulent  pour des responsabilités diverses , s'investissent  dans les assoces pour créer ,rassembler les habitants ,une vie plus conviviale ,bénévolat et qui ne veulent pas se faire valoir parce que c'est normal de venir en aide aux personnes de son entourage pour une société meilleure!   Mes parents (famille de 6 enfants ) travaillaient , et "rassemblaient" toutes ces activités,  imaginer la charge mentale d'une mère et d'un mari  au combat sur tous les fronts ... les enfants  ..( Enfant,je ne voyais mon père que le soir très tard , ma mère acceptait,  épuisée )...mais ils assumaient !  

Soumis par aires isabelle le 26 mai 2020 - 05:47.