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Marche dans le massif du Jura pour le droit d’asile

Samedi 30 juillet 2016 / gviennet

Jeudi 28 juillet 2016, 9h, les randonneurSEs arrivent à la Combe du Lac près de Lamoura. Pendant les salutations et les présentations, des gobelets circulent remplis de café fumant sorti des thermos. Nous sommes touTEs réuniEs pour marcher sur les sentiers du relief jurassien afin de défendre le droit d’asile. Cette marche est organisée par l’association « Semelles d’asile » (Se mêlent d’asile, comme l’affirme l’inscription sur quelques tee-shirts). La première marche a été organisée en 2011 à l’occasion du 60ème anniversaire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Et depuis, chaque année, une marche a été organisée, permettant à des demandeurs d’asile de randonner avec des citoyens solidaires.

Nous sommes 32 à partir à pied, alors que 2 autres conduiront une voiture et une camionnette pour acheminer les effets personnels jusqu’au gîte qui hébergera le groupe pour la nuit, avant de revenir nous rejoindre à l’étape du déjeuner. Tous les âges sont représentés, de 20 à 70 ans, et peut-être un peu plus. Les femmes et les hommes sont à parité.

Nous partons pour un tour du lac, façon de s’échauffer, « de se mettre en jambes » avant de s’engager dans la forêt en direction du sentier de Grande Randonnée GR9. La météo est favorable, quelques nuages évitant une trop grande chaleur. Nous suivrons le GR9 pour la journée, avec quelques variantes, et de longues portions de tracé communes avec la mythique Transjurassienne organisée chaque année et qui conduit les fondeurs de Lamoura à Mouthe.

On gagne d’abord un belvédère surplombant le lac de Lamoura, puis on rejoint quelques espaces de pâturage avec parfois une jolie ferme trapue. La randonnée est décontractée. Les marcheurs qui ont un sac à dos pour 2 se le repassent. On s’arrête pour admirer les paysages, souffler un peu, observer la végétation (dont le fameux Lys Martagon), faire des photos, boire un peu d’eau ou tout simplement bavarder. On apprend ainsi à mieux se connaitre. Les marcheurSEs solidaires viennent de la région lyonnaise, de l’Ain, du Jura (La Pesse, Bellecombe, Bois d’Amont) et même de la région parisienne, de Suisse et de Hollande. Les demandeurs d’asile sont originaires d’Afghanistan, du continent africain et du moyen orient.

On atteint bientôt le Crêt Pela (1495 m d’altitude, point culminant du département du Jura) d’où on se régale des paysages alentours, puis on rejoint le chalet de la Frasse à proximité duquel on pique-nique. Certains font tourner leur spécialité afin que chacunE puisse y goûter. Un fromage de Hollande va ainsi circuler de main en main. Habitudes obligent, certains vont aller terminer leur repas par un café pris au gite tout proche.

Nouveau départ à travers la forêt du Massacre. On croise des chemins d’exploitation forestière creusés d’ornières où se lisent les traces de roues de volumineux engins, ou des traces de sabots de chevaux. S’agit-il de chevaux de trait utilisés pour le débardage des grumes ou de chevaux de randonnée équestre ? L’observation de la végétation nous occupe toujours et on aperçoit un arbre étrange dont le double tronc dessine un enlacement qui pourrait symboliser la fraternité qui unit notre groupe de marcheurSEs.

En passant par les Tuffes on arrive au Belvédère des Dappes qui permet d’observer un vaste paysage qu’on peut décrypter grâce à une table d’orientation avec son schéma panoramique. On voit aisément La Dôle qu’on identifie facilement grâce au bâtiment de son sommet qui porte une sphère blanche (renfermant un radar utile pour l’aéroport de Genève et une station de la météo suisse). A l’horizon on devrait repérer les Diablerets en Suisse, et diverses directions sont mentionnées dont Besançon et Bruxelles… mais pas Dijon. Il faut préciser que le dessin est antérieur à la récente fusion des régions, puisqu’il date de 1968.

On s’achemine enfin en direction du téléski du Balancier et on dévale la pente herbeuse qui correspond à une « piste rouge » empruntée l’hiver par les skieurSEs. Nous voici arrivéEs à la route qui monte au col de la Faucille. On la franchit pour rejoindre le chemin conduisant au gîte de la Pile Dessus où le groupe prendra son repas du soir et passera la nuit. Nous avons parcouru 15 km avec environ 400 m de dénivelé positif.

Je dois quitter mes compagnes et compagnons de randonnée, n’ayant pas la disponibilité nécessaire pour poursuivre la marche avec eux les 2 jours suivants. L’étape du vendredi 29 les a conduits à Bois d’Amont par La Cure (village frontalier entre la France et la Suisse dont un hôtel est « traversé » par la ligne de frontière), et Les Rousses. Et samedi la marche rejoindra Chapelle des Bois. Deux soirées-débat sont prévues dans les 2 villages étape du 29 et du 30 juillet. Le Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile (CADA) de Morez a été contacté et invité à se joindre à une partie de la marche et aux débats prévus.