Abonnez-vous maintenant

Pour lire tous les articles du Journal et créer votre blog à partir de 7€/mois

Non à une usine de 4000 bovins en Bourgogne Franche-Comté

Jeudi 9 novembre 2017 / henry

Nous étions 400 à Digoin ce mardi 7 novembre  à participer à la « Marche des paysans et  citoyens », contre un méga-projet  de ferme-usine de … 4000 bovins !! Un bus affrété par la Confédération Paysanne est parti de Besançon .

Le projet se situe à Neuzy (lieu-dit de Digoin) , et est imaginé par Daniel Viard, qui possède  déjà 320 vaches allaitantes et 240 bovins à l’engraissement . Autant dire que ce n’est pas un petit paysan dans le besoin qui veut conforter sa ferme … On est dans une logique  de l’industrialisation des élevages poussée à l’extrême , dans une fuite en avant productiviste . Dans cette région charolaise où les paysans ont eu bien du mal à bâtir une économie de viande bovine de qualité, il a imaginé ce centre de transit de 4000 (quatre mille !) jeunes bovins supplémentaires venant de toute la France , pour une mise en quarantaine sanitaire durant cinq semaines, avant un export vers des centres d’engraissement à l’étranger. Daniel Viard veut profiter de nouveaux marchés à l’export, vers le Maghreb, la Turquie et, dans un futur proche… la Chine.

Ce projet est  consternant :

- sur le plan environnemental et sanitaire : consommation d’eau importante, pollution des nappes, émanations d’ammoniac qui par l’acidification des pluies dégradent la qualité de l’air, détérioration de la qualité des sols par les déjections des animaux, impact sur le trafic routier , risques dus aux maladies traitées préventivement par des antibiotiques polluant les rivières, absence de mesures pour prévenir les pollutions des eaux et des sols en cas d’accidents liés à l’utilisation de pesticides.

-sur le plan de la condition animale : souffrance pour les animaux transportés vivants sur de longues distances, et tués ensuite dans des abattoirs dans des conditions difficilement contrôlables.

- sur le plan social : ce système d’exportation est très volatile au niveau des prix , ne garantit pas un revenu pour les paysans . C’est une fuite en avant : plus de vaches , plus d’hectares…pour vivre de moins en moins bien . De plus il casse les marchés des pays importateurs .

 

La Confédération Paysanne condamne ce modèle agricole qui profite avant tout aux multinationales. Jamais les paysans n’ont été aussi pauvres , et jamais les firmes n’ont engrangé autant d’argent . Il faut changer de système agricole , et pour cela l’état doit prendre ses responsabilités , ne plus laisser construire ces ferme-usines , et  réorienter les aides vers des productions de qualité .

Première victoire : dans la matinée du 7 novembre , nous avons appris que le commissaire-enquêteur rendait un avis défavorable à l’autorisation d’exploiter ! (suite à l’enquête publique lancée fin août). Mais cet avis est seulement consultatif , et nous attendons la décision du préfet , qui doit tomber début 2018 .

Espérons que la préfecture de Saône-et-Loire fera valoir que ces projets d’agriculture industrielle ne sont pas compatibles avec les demandes sociales et environnementales actuelles . Ces fermes géantes n’ont aucun sens , ne respectent  ni les paysans , ni les animaux , ni les consommateurs , ni notre environnement . Paysans et citoyens ,  continuons à nous mobiliser pour qu’elles disparaissent de nos paysages !

 Dominique Henry