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« Pour un savoir libre, accessible et non marchand »

Lundi 6 mars 2017 / Invité

Les 19 gardés à vue après l'action pendant le conseil d'administration de l'Université de Franche-Comté « contre la loi Master » ont adressé ce communiqué aux rédactions. Ils réclament notamment le retrait des plaintes les visant et un débat public sur la sélection dans toutes les UFR. 

Nous, militant.e.s bisontin.e.s engagé.e.s contre la libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la
Recherche, arrêté.e.s et mis.e.s en garde à vue le 14/02/2017 suite au blocage du Conseil d’Administration de
l’Université de Franche-Comté, souhaitons clarifier le sens de notre action et exprimer nos volontés pour la
suite de la mobilisation.

De situations sociales et de cultures politiques diverses, nous avons cependant fait le constat commun que la mise en
application de la « Loi Master » en vue de la rentrée prochaine ne bénéficiait d’aucune information ni concertation
auprès des différent.e.s membres de la communauté universitaire. Cette Loi Master, qui renforce la sélection à
l’entrée en M1 et promeut l’exclusion sociale des étudiant.e.s, change fondamentalement l’accès aux formations
universitaires pour le plus grand nombre. En effet, la sélection existe déjà pour le 2ème cycle : elle a lieu en
dernière année de licence lorsqu’il s’agit d’obtenir son diplôme. Face à cette contradiction, nous estimons qu’un large
débat public doit avoir lieu dans toutes les composantes avant toute mise en oeuvre éventuelle (rappelons qu’elle n’est
pas obligatoire). Or, le président de l’UFC Jacques Bahi a préféré réunir le CA dans la précipitation et - une fois de
plus - décider de tout sans prendre en compte l’avis des personnes concernées.

Aux vues des mobilisations de novembre et de décembre (contre l’austérité qui frappe nos facultés) durant lesquelles
Jacques Bahi n’avait pas hésité à empêcher l’accès au Conseil d’Administration, nous avons estimé qu’il était
nécessaire d’imposer notre présence. C’est parce que Jacques Bahi ne tient compte ni des volontés d’une partie
du CA (les syndicats principalement) ni de celles des usager.e.s (nous étions plus de 500 en Assemblée Générale
en novembre) que nous avons fait le choix de ce blocage. Ainsi, plus qu’une remise en cause de la mise en
application de la Loi Master, notre blocage consistait également à dénoncer le déni de démocratie que permettent les
institutions universitaires, et dont la présidence de Jacques Bahi n’est qu’une illustration parmi d’autres.

Qu'il s'agisse de la mutualisation des filières et des laboratoires au sein de la Communauté d'Universités et
d'Établissements Bourgogne-Franche-Comté, des restrictions budgétaires (qui sont la vraie cause de la
sélection), des gels de postes, des non-titularisations ou de la mauvaise qualité de nos cadres d'études, c'est
chaque fois le même refrain avec Bahi et son équipe : c'est nécessaire, vous n'y comprenez rien, vous êtes
manipulé.e.s. Cela ne peut plus durer.

La police n’est pas censée pénétrer dans les universités, un arrêté d'intervention avait été déposé la veille. De là
à penser que Jacques Bahi avait prémédité notre arrestation, il y a de quoi se poser la question. Notre présence
n’avait rien de délictueuse, il est donc parfaitement intolérable que nous ayons été arrêté.e.s et gardé.e.s à vue, et que
le personnel de la Maison de l'Université ait eu à subir les lubies autoritaristes de la présidence. De plus, nous avons
été violenté.e.s par les forces de l’ordre durant notre interpellation malgré la nature pacifique de notre action,
plusieurs d'entre nous ayant été gravement blessé.e.s. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que quelques
membres du CA nous accusent de séquestration alors que nous n’avons jamais empêché qui que ce soit de sortir,
plusieurs administrateurs et administratrices pouvant en témoigner. Nous voulions parler directement avec Jacques
Bahi mais n'étant pas présent dans la salle du Conseil, il n’a jamais dénié venir nous rencontrer. Nous avons demandé
à la vice-présidente Macha Woronoff-Lemsi de lever la séance mais elle s'y est refusée, c'est donc elle qui a retenu le
CA et certainement pas nous.

Dans ce contexte, voici nos volontés pour la suite de la mobilisation :
- Retrait de toutes les plaintes déposées à notre encontre auprès des services de justice ;
- Aucune sanction disciplinaire pour les étudiant.e.s concerné.e.s ;
- Diffusion d'excuses publiques et d'un démenti au sujet de la séquestration sur toutes les listes-mails de
l'UBFC ;
- Organisation de débats publics sur la mise en application de la Loi Master par toutes les facultés de l’UBFC ;
- Assemblées générales dans chaque composante avant chaque conseil d’administration et chaque conseil de
gestion pour débattre collectivement des points mis à leurs ordres du jour ;
- Manifestations contre tous les Conseils d’Administration à venir jusqu’à ce que Jacques Bahi soit révoqué de
ses fonctions.

Espérant pouvoir compter sur quiconque est opposé à libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche,
c’est sur la base de ces volontés que nous appelons à être soutenu.e.s. Pour un savoir libre, accessible et non marchand,

Les 19 militant.es auteur.es du blocage du CA de l'UFC le 14/02/2017