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Une étudiante bretonne et son compagnon victimes collatérales de Trump

Mardi 4 juillet 2017 / Jean-Louis LEGALERY

Olivane est une étudiante angliciste, inscrite en troisième année de licence à l’UBO (Université de Bretagne Occidentale) de Brest. Dans le cadre de sa formation elle doit effectuer un stage obligatoire soit au Royaume-Uni soit aux Etats-Unis. Elle avait opté pour cette seconde destination pour une durée de six semaines et elle avait choisi le WWOOFING. Cet acronyme désignait à l’origine Working Week-ends on Organic Farms, par le biais d’un réseau mondial créé en 1971 au Royaume-Uni, puis désormais WorldWide Opportunities on Organic Farms en référence à l’immense engouement suscité travers le monde. Littéralement « travailleurs volontaires dans les fermes bios » l’association a pour but de permettre aux bénévoles du monde entier de traverser les frontières et d’aller travailler dans des fermes où, en échange, le logis et le couvert leur sont assurés. C’est une solution de plus en plus prisée par les étudiants qui voient là une possibilité de découvrir un autre pays en étant utile et solidaire.

Donc, le 28 juin dernier, munie de sa convention de stage dûment signée et validée par les autorités de l’UBO, Olivane, accompagnée de son compagnon, Evan, breton lui aussi, arrive à l’aéroport de Philadelphie pour aller donc travailler dans un ranch, car Olivane et Evan aiment les chevaux, et, là, l’incroyable cauchemar commence. Les policiers du Homeland Security Office ont d’abord trouvé étrange que les deux jeunes gens veuillent passer deux mois au même endroit et travailler bénévolement dans un ranch. Interrogés séparément, puis menottés, Olivane et Evan ont été ensuite conduits en prison où ils sont restés douze heures. Plus incroyable encore on leur a administré, sans leur consentement, une piqûre dont le contenu de la seringue ne leur a pas été communiqué. « Nous avons été traités comme des criminels » dit Olivane dans un entretien accordé à Ouest-France. Sous le choc et dans l’impossibilité de communiquer avec leurs familles respectives ni avec l’ambassade, Olivane et Evan ont été mis dans un avion pour Roissy, vendredi 30 juin.

L’affaire a mis en émoi non seulement l’UBO mais aussi la messagerie de la SAES (Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur) et montre le péril extrême qu’il y a à déléguer à d’obscurs exécutants les sinistres idées du non moins sinistre Trump, le regrettable président que l’on sait.