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Ferrand, de Rugy, Woerth et maintenant Trump !

Jeudi 29 juin 2017 / Jean-Louis LEGALERY

Comme chacun le sait, dans la mythologie Jupiter est le dieu qui dirige le ciel, la terre, l’ensemble des êtres vivants qui s’y trouvent et, accessoirement, les autres dieux. Aucune forme de partage à l’horizon donc. Or, apparemment Emmanuel Macron semble vouloir diriger le ciel, la terre et les êtres vivants de l’univers politique et médiatique de l’hexagone. Les références jupitériennes devenant un peu trop fréquentes et pesantes depuis l’élection du nouveau président de la République, sans doute conviendrait-il mieux d’évoquer la planète Jupiter, certes la plus grosse du système solaire, mais aussi une forme géante et gazeuse dont le contenu est indistinct…C’est vraisemblablement de ce côté-ci de Jupiter qu’il faut aller chercher de potentielles analogies, car depuis le 7 mai, et plus encore, depuis le second tour des élections législatives, nombre de citoyens se demandent ce qui se trouve à l’intérieur de la nébuleuse « En marche » et ce qui va en sortir. Mais certains signes et symboles ne poussent pas à un optimisme délirant.

En effet, tout d’abord, que les électeurs bretons aient choisi de ré-élire Richard Ferrand était déjà moralement surprenant, mais que l’on fasse croire ensuite à l’opinion publique que son éviction du gouvernement était une sanction, alors qu’il a été par la suite élu à la tête du groupe parlementaire le plus important, est plus qu’une faute de goût, une authentique mauvaise farce. Ensuite, alors qu’il eût été logique de laisser ce poste enfin à une élue, l’exécutif a pesé de tout son poids pour propulser au perchoir de l’assemblée nationale un homme, François Goullet de Rugy, dont on pressent aisément qu’il doit être un excellent navigateur, au large de la Loire Atlantique, car passer en si peu de temps de Génération Écologie jusqu’à la présidence de l’assemblée nationale sans oublier EELV et la primaire socialiste, où il a affiché la même discipline que « Monsieur 5% », exige une extraordinaire maîtrise dans l’art de virer de bord. Mais décidément il était dit que l’électeur moyen ne serait pas au bout de ses sinistres surprises, puisque le même jour Eric Woerth héritait — un choix sémantique approprié depuis ses nombreuses visites au domicile de madame Bettencourt — de la présidence de la commission des finances, une étonnante promotion qui a dû pousser les acquéreurs de l’hippodrome de Chantilly — dans le cadre de la grande braderie que l’on sait — à ouvrir une bouteille de champagne.

A ce stade de la nausée on serait tenté de crier « Fermez le ban ! », mais le même électeur moyen boira le calice jusqu'à la lie, puisqu’on apprend, ce matin même, que le président de la République a invité Donald Trump — que Bernard Pivot a immortalisé dans un tweet mémorable « Le monde est un village, Trump en est l’idiot » — à assister aux cérémonies du 14 juillet. Une suggestion à soumettre à Jupiter pour que son invité se sente moins seul, il conviendrait aussi d'inviter Boris Johnson, Nigel Farage, sans oublier Eric Ciotti bien sûr, la liste n’est pas exhaustive, puisque, selon l’adage, « plus on est de fous, plus on rit ». Mais les démocrates, eux, n’ont pas du tout envie de rire…