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La Chronique de Filou – Les Pyrénées sans l'ours ne sont pas les Pyrénées !

Vendredi 7 septembre 2018 / Philippe HENRY

Vacances en Ariège, les anti-ours occupent le terrain. Exemple : les incidents à Etsaut (64).

Un communiqué de l'association Ferus m'apprend que les anti-ours ont manifesté avec violences dans un village du Béarn, Etsaut. La maire, apparemment favorable à l'introduction de deux ourses dans le Béarn, a dû se réfugier à la mairie sous protection policière, bref vous lirez le site de Ferus.

En vacances en Ariège cet été, randonnant avec fils et filles sur le GR10, en espérant croiser le plantigrade, j'ai beaucoup parlé avec les habitants et les randonneurs. Et, je reviens du Pays de l'Ours avec plusieurs convictions :

- les anti-ours semblent exercer une pression forte sur la population locale et le tourisme. Quand je m'étonne auprès d'une commerçante qu'il n'y a pas de publicité évoquant l'ours, elle me répond que c'est impossible, les anti-ours l'interdisent, et détruisent tout ce qui sera affiché avec une image de l'ours. D'ailleurs, les lettres blanches "Non à l'Ours" perdurent sur le bitume.

- il est impossible de savoir la réalité du terrain. Les anti-ours vous narrent tellement d'attaques et de dérochements de brebis, que je me demande comment il peut y avoir encore des moutons vivants. Les autres vous disent que ce ne sont que des balivernes, il y a des moutons qui ont des accidents, d'autres pourchassés par des chiens errants, et que certains troupeaux sont quasiment "abandonnés" en estives, sans berger, sans chien.

Bref, désinformation à tous les étages, et probablement des deux côtés.

Le but principal de cette chronique est de vous signaler un document produit par Ferus : le Décod'Ours, tract construit sur le modèle de celui d'une association de bergers anti-ours mais qui fait le point sur les nombreuses contre-vérités diffusées : c'est ici

Enfin, pour ma part, je pense que les Pyrénées sans ours, ce ne seraient plus vraiment les Pyrénées. Et, une fois de plus, la cohabitation animaux sauvages et hommes est très difficile en France, alors qu'elle est possible ailleurs (Espagne, Italie, Slovénie, Serbie …). Si on peut comprendre le point de vue des bergers et chercher avec eux des solutions, on ne peut pas admettre un comportement terroriste de groupes d'agriculteurs, d'autant plus "qu'ils" font cela chaque fois qu'un sujet les dérange : je ne vais pas citer ici tous les actes impunis des syndicats agricoles, depuis l'attaque de la Maison du Parc du Morvan (2013), jusqu'à Etsaut (2018), en passant par les attaques des portiques Écotaxes (2014), ce qui aboutira à l'abandon de la mesure et donc nous avons toujours d'innombrables camions qui continuent d'envahir nos Routes Nationales (les N57 et N83 ne vous disent pas merci, ni Filou, ni tous les automobilistes, les villageois qui pestent contre les camions, le bruit, la pollution … grrr).

Pour finir, certains médias ont parlé d'attaques quand, fin août, un jeune nantais a croisé sur son chemin une ourse et trois oursons. Selon les spécialistes, si l'ourse avait voulu attaquer un homme courant devant elle sur un sentier, il n'y aurait plus de témoin !! Le témoignage du randonneur le confirme, l'ourse est restée entre l'homme et ses oursons et tout ce petit monde a déguerpi sans agressivité. Idem, pour une rencontre hommes-ourse et oursons à Melles (31) en juin : c'est le chien des promeneurs qui a dérangé une ourse avec deux oursons. La femelle a suivi le chien et s'est enfui dès qu'elle aperçu les hommes.

Oui à la cohabitation ours - pastoralisme responsable – humains.