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Poursuivre le rassemblement

Lundi 29 mai 2017 / Roland Vasic

Notre adversaire est en place, c’est le Président Macron et son gouvernement.

Face à lui, il est impératif de constituer une force, majoritaire le 18 juin ou le plus solide possible pour s’opposer aux régressions et dérives entreprises et annoncées. Le peuple que nous entendons représenter est encore trop divisé pour constituer cette force de résistance.

Il faut donc en appeler à tous ceux qui risquent d’enrayer la dynamique de rassemblement. Il ne faut attendre aucune soumission, aucune capitulation, ce n’est pas notre conception de la politique. L’enjeu essentiel est de contrecarrer les plans de notre adversaire. 

La députée socialiste Barbara Romagnan, dans un texte publié dans L’Humanité, dit craindre les « pulsions haineuses et la brutalité », qui ne partage pas cette crainte ? 

Elle pense que « l’unité n’est pas un état fixe », c’est l’évidence !

Le pluralisme, condition de l’unité démocratique, est un bien commun. Les identités politiques, les parcours personnels sont à respecter, à assumer également. On peut faire l’analyse que les efforts pour maintenir les appareils du PS et du PCF à gauche sont vains. C’est à partir de cette analyse que France insoumise a commencé à « remobiliser » jeunes et milieux populaires en particulier, défiants à l’égard de la "gauche" et même de la politique.

Madame Romagnan dit aussi : «  L’union, le renouvellement et la reconstruction sont une pratique, pas un slogan. S’il est, bien sûr, indispensable de reconstruire, il ne s’agit pas, à mon sens, de faire table rase du passé, de décréter une « année zéro » de la gauche. Dialoguer, essayer de refonder, c’est en soi déjà le faire. »

Qui d’autre, autant que France insoumise, pratique « l’union du peuple », le renouvellement et la reconstruction ? 

Il faut dire les responsabilités du moment : tout ce que soutient France Insoumise c’est qu’il faut une opposition solide à Macron. Elle ne peut se constituer qu’en rupture, en rupture avec ce qui a permis Macron, Le Pen… Renouvellement et reconstruction sont déjà à l'oeuvre avec France Insoumise : constitution participative du programme, pratiques nouvelles d’éducation populaire, réflexion théorique vivifiée, éco-socialisme conséquent … Il reste des progrès à soutenir, à tous niveaux certainement, en continuant d’accueillir et en entretenant un esprit critique. Qui osera dire que c’est ce qui est à l’oeuvre au PS, au PCF, dans leurs marges même ?

S’agissant encore des "destins personnels », chaque prétendant à un mandat, à quelque niveau que ce soit, peut aussi s’interroger sur sa propre responsabilité eu égard à l’intérêt supérieur qu’il défend. Cela vaut pour nous, cela vaut pour tous.

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Commentaires

Poursuivre le rassemblement ou lutter pour l'unité ? La tribune de Roland pose la question (et donne une réponse) : FI est le creuset de toute la gauche, FI est la seule force à même de rassembler (en son sein) le spectre complet de toutes les "vieilles" forces qui ont organisé la gauche depuis (on ne sait pas trop quand, mais depuis longtemps). PCF, PS, et même leurs marges (là aussi, c'est vague, mais on peut y rajouter des forces comme EELV, Ensemble, le NPA, voire LO ou d'autres) ont définitivitement raté le coche et il n'y a plus rien à attende d'eux.

Avec l'exceptionnel résultat (qu'il faut souligner) de JLM à la présidentielle, on sera donc arrivé à l'année Zéro de la gauche où seule FI serait à même de rassembler tout le monde. Je l'écrit et le répète, le résultat de JLM constituer une divine surprise (même si certains avaient des espoirs encore plus importants). Pour autant, ce résultat prometteur est il annonciateur d'un prolongement, deuxième partie du pari à remplir à l'occasion des législatives ? Inutile de pronostiquer quoi que ce soit (même si les premiers sondages donnent des indications, qu'il faut prendre avec les précautions usuelles), notre impatience sera satisfaite dans une paire de jours. Néanmoins, si l'on sort un peu de la situation française, il y a loin de la coupe au lèvre dans l'option d'une force (un parti???) à représenter à lui tout seul "le peuple" (termes qui mériterait de longues discussions.

Pour ma part, je continue de préférer le terme de salariat), ainsi d'ailleurs qu'à faire l'hypothèse que les forces traditionnelles de la gauche ont épuisé leur potentiel. D'où sort Bernie Sanders ? D'un parti qui n'est même pas de gauche (selon les standards européens), le parti démocrate. Si on laisse de côté les exemples populistes latinos-amércains (il y aurait d'ailleurs sans doute à disséquer sérieusement l'état de la société vénézuélienne, exemple paradigmatique du populisme continental), et que l'on se recentre sur le continent, le portrait des partis alternatifs est (très) loin de ressembler au portrait que dessine (en creux) Roland.

En Allemagne, die Linke est un parti d'alliance avec le SPD. En Espagne, Podemos, se revendiquant plus clairement de la pratique populistes, gouverne quelques unes des principales villes du pays (Madrid, la capitale politique) et Barcelone (la capitale économique), en alliance avec le PSOE. D'ailleurs, aux dernières élections Podemos a fait alliance avec la Gauche Unie, alliance dominée par le PCE.

Bien sûr, comparaison ne vaut pas raison et la situation française ne saurait s'assimiler aux exemples ici mobilisés. Simplement, ce que l'on peut noter, c'est que le "peuple" ne s'incarne nulle part dans un parti unique. Qu'en déduire ? Tout simplement qu'après l'épisode législatives (dont les résultats pèseront lourd dans le développement d'un esprit de résistance (qui dépassera immanquablement la sphère représentée par FI et son potentiel groupe parlementaire), il sera plus nécessaire que jamais de travailler à l'unité de toutes les forces, FI, PCF, PS non macronisé, EELV non Hulotisé, Ensemble, NPA, etc, etc. en lien avec les forces de résistances syndicales et du mouvement social pour contester la poliitique de Macron, adoubée par son parti, renforcé au coup par coup par LR, les reste d'un PS aligné, voire même par le FN sur certains aspects. L'enjeu sera de taille et l'unité des forces de résistances sera décisive.

Soumis par GEORGES UBBIALI le 1 juin 2017 - 19:59.

Je partage en partie  le commentaire de Roland, notamment quand il insiste sur la nécessité de respecter le pluralisme. La Gauche est pluraliste, c'est un fait et il est illusoire de penser qu'une seule force peut la représenter à elle seule. Le PCF a eu sa période hégémonique, le PS aussi. France Insoumise recommence les mêmes erreurs. Le 23 mai, lors d'une réunion organisée par l'association EDGE qui avait invité les représentants du PCF, du PS, de FI, d'EELV, d'Ensemble pour débattre autour du thème de la reconstruction d'une gauche qui rompe avec le social libéralisme, la représentante de FI a répété en boucle que FI était le cadre idéal, que FI avait vocation à être "la Gauche" et que la seule solution pour les militants de gauche était de rejoindre FI.

Je considère qu'il s'agit là d'une stratégie mortifère, vouée à l'échec, car ni les socialistes de gauche, ni les communistes, ni les citoyens qui se reconnaissent encore dans le Front de Gauche ne se soumettront à cette injonction (et je ne parle même pas des partis, mais des militants). Bizarre que les insoumis demandent aux autres de se soumettre!

L'union ne peut se faire que dans le respect des différences, sachant que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. A défaut, on en arrive au spectacle désolant des législatives où des candidats qui ont fait la campagne de Jean Luc Mélenchon en arrivent à se considérer comme des adversaires et à entrer en lutte au lieu de faire ensemble fructifier le bon résultat de la présidentielle. Les volontés hégémonique ont toujours fait des ravages.

Soumis par boussard le 2 juin 2017 - 23:42.

"Parier" d'ores et déjà sur l'échec de France Insoumise (d'abord aux législatives puis à terme comme formation politique centrale à gauche), n'est-ce pas une forme de renoncement ? FI doit s'interroger, accueillir, écouter mais aussi renforcer et prolonger son "acquis". Prêter à FI - sans profiter maintenant de son ouverture au grand nombre - les travers qu'ont développé en leur temps PS, PCF, EELV et autres, n'est-ce pas anticiper bien négativement? Si l'on se contentait d'imprécations cela pourrait même ressembler à un souhait caché derrière une "prophétie". 

Les avancées historiques de la gauche se sont faites dans l'union mais l'union de forces (inégales il est vrai et rivales souvent). Comment reprocher à FI d'être une force en constitution, capable de résister au mouvement engagé par le président Macron ? Qui d'autre aujourd'hui est en état de faire face (à une semaine des élections et dès la suite) ? Bien sûr on doit maintenant être vigilant quant aux pratiques à l'oeuvre. Mais afin de l'être, tout en étant efficace face à Macron, mon avis est que c'est dans ou avec FI que cela se passe, sans soumettre ni se soumettre. 

FI a une responsabilité pour l'avenir mais ne peut pas endosser celles des autres dans le passé. A ce jour son bilan est à construire ensemble ! Celui des autres est à assumer aussi collectivement que possible, mais davantage encore par ceux qui s'en revendiquent encore. 

FI aura certainement des courants, des oppositions et aussi des alliés à l'avenir. FI devra construire plus grand, garantir sa croissance démocratique. Mais allons dans la bonne direction : le moment présent est celui de la nécessaire opposition au projet Macron (auquel vont continuer de se rallier toutes celles et tous ceux qui tiennent par dessus tout à conserver leur siège), de l'existence d'une force parlementaire conséquente et d'un point d'appui politique solide pour les mouvements sociaux en cours et à venir.

La "table rase", l'année zéro" c'est plutôt affaiblir maintenant FI quand les autres forces sont en phase de décomposition (sans prophétiser leur disparition totale). La disparition de "la gauche" c'est entraîner FI par le fonds avec ceux qui s'en approchent déjà. Pour rebondir ensemble ? Pour y rester quand Macron et Le Pen sont à l'action ou fourbissent leurs armes ?

Soumis par Roland Vasic le 5 juin 2017 - 21:34.