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Nous resterons pour toujours les fils du vent !

Vendredi 31 juillet 2020 / Thibault Ritchy

Bonjour je m’appelle Ritchy Thibault, j’ai 16 ans et j’aimerais publier cette tribune dans votre journal à l’occasion de la journée de l’holocauste des Roms : Le 2 août 1944, 2897 hommes femmes et enfants ont été assassinés dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Ils ont été massacrés au motif qu’ils étaient tsiganes... Je ne veux pas que ces 2897 victimes du nazisme demeurent dans l’oubli. Aujourd’hui le 2 août 2020 certains êtres humains légitiment le génocide commis envers mon peuple. D’autres restent dans l’ignorance. Cela est intolérable car nul ne peut légitimer la haine ou bien l’ignorer il faut tout le temps la condamner et la combattre. Je suis tzigane et dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, le racisme et la haine sont partout autour de moi. C’est pourquoi je résiste face à ces pensées ignobles et que je suis plus que déterminé à combattre tout ce qui stigmatise ou qui discrimine des êtres humains sous prétexte de leur religion, leur culture, leurs origines ou leur orientation sexuelle. Je fais partie de ces jeunes tsiganes qui sont fiers de leurs origines et de leur mode de vie. Je tiens à vous dire à toutes et tous que nous lutterons toujours pour protéger et préserver notre culture et notre mode de vie. Malgré le peu de considération à notre égard des pouvoirs politiques qui ne respectent pas la loi en ne mettant pas à notre disposition les lieux de stationnement auxquels nous avons pourtant légitimement droit, sachez que nous resterons pour toujours des FILS DU VENT !

Pour en connaitre davantage sur le « Samudaripen » ou génocide des Tsiganes

Et voici un témoignage, paru sur le site du Cercle d'Etude de la Déportation et de la Shoah

"En souvenir de la Zigeunernacht où, dans la nuit 2 au 3 août 1944, les nazis ont décidé de la liquidation du camp des Tsiganes d’Auschwitz-Birkenau. Nuit où 2897 Sintis et Rroms, hommes, femmes et enfants, de diverses nationalités dont des voyageurs français, ont été exterminés dans les chambres à gaz. " " Témoignage de André Rogerie " Nous sommes couchés comme à l’accoutumée quand tout à coup le bruit de camions roulant sur la route éveille notre attention. Nous percevons distinctement, maintenant, que les camions pénètrent dans le camp voisin, appelé camp des Tziganes. Là, des familles entières de Tziganes vivent ensemble, et ce soir, le roulement des voitures vient de nous faire comprendre l’horreur du sort qui leur est réservé. Hommes, femmes, enfants, tous entièrement dépouillés de leurs vêtements, sont entassés dans les camions. Les cris, les vociférations nous parviennent très nettement. Les S.S. hurlent, les femmes ont des crises de nerfs, les enfants pleurent, et les camions, pleins à craquer de leur butin, partent maintenant à toute vitesse vers les fours crématoires. Dans quelques instants seront consumées toutes ces vies humaines qui, aux yeux de l’Allemagne, ont commis le crime immense et impardonnable d’être Tziganes. Les cris ont cessé. Je vois, par la lucarne du bloc, la lune qui est actuellement dans sa plénitude. Tout à coup me revient à la mémoire une phrase oubliée depuis bien longtemps que j’ai lue autrefois dans Chateaubriand : « La lune prêta son pâle flambeau pour cette veillée funèbre ».

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