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Besançon : haro sur les violences policières

Vendredi 10 février 2017 / Toufik-de-Planoise

 

Après l’affaire Théo le 2 février dernier en Seine-Saint-Denis, et les conséquences sociales, judiciaires, et politiques qu'elle suscite, un appel à la mobilisation a été lancé sur les réseaux sociaux. Rendez-vous est fixé demain samedi 11 février à 15h00 devant le Tribunal de Grande Instance de Besançon (1, rue Megevand). Les violences policières ? tour d’horizon sommaire sur une question sensible y compris dans la région.

 

Aulnay : l‘affaire sordide.

L’affaire du viol sur le jeune Théo a ému et révolté rappelant les précédents Bouna et Zyed à Clichy-sous-Bois en 2005 ou plus proches de Mohamed Boukrourou en 2009 à Valentigney et du jeune Ayoub en 2011 à Montbéliard. Dans plusieurs villes, des manifestations ont eu lieu pour « faire la Vérité et la Justice » et des appels au calme lancés dans un 9-3 encore très à cran. Pour la capitale comtoise aussi, un rassemblement sera organisé demain samedi 11 février symboliquement devant le Tribunal de Grande Instance afin de témoigner ce soutien et ce ras-le-bol latent.

Notre commune n’en est pas à sa mobilisation d’essai, comme le 29 octobre 2014 en mémoire de Rémi Fraisse, le 22 novembre suivant contre les « crimes policiers », en mars 2015 avec un dossier sur la percée de l’extrême-droite au commissariat central, le 16 mai suivant une table de presse à Planoise, le 31 janvier 2016 un cortège dénonçant l’État d’urgence, ou encore le 14 décembre dernier pour Adama Traore. Des dates qui se multiplient et comptent des centaines de participants, alors que ces problématiques ne concerneraient que quelques points chauds en France.

 

Localement, des questions également posées.

Besançon, ville moyenne de Province, n‘est pourtant pas épargnée par ces questions sécuritaires. Plusieurs affaires ont émergées ces dernières années : un journaliste du site MaCommune.info est ainsi molesté en 2009 lors d’une interpellation qu’il couvre ; des contrôles au faciès et des coups sont portés en 2011 au centre-ville contre des jeunes d’ascendance maghrébine originaires de quartiers périphériques ; récemment lors de l’opposition à la loi Travail, des plaintes ont été déposées pour des menaces et violences sur un militant.

Ces histoires ont un point commun : elles visent des minorités, des manifestants, ou des reporters, leurs auteurs sont rarement poursuivit malgré la présence de vidéosurveillance et de plusieurs témoins, et elles ne font presque jamais l’objet d’un traitement médiatique même minimal à l’inverse des faits divers les plus secondaires où les forces de l’ordre seraient ciblées. Et il ne s’agit, pour ces trois cas, que de dossiers consistants particulièrement bien documentés, laissant donc de côté les très nombreuses histoires où les victimes ne veulent ou ne peuvent parler.

 

Vers une riposte associative ?

À l’instar de divers collectifs comme « urgence notre police assassine », « stop le contrôle au faciès », et ceux de familles de victimes, un projet de structuration officiel dédié est en cours de création à Besançon. Il s’agit de constituer des dossiers solides lors de bavures, d’apporter une aide psychologique et pratique aux plaignants, et étayer une voix contradictoire dans le débat public concernant la vidéosurveillance ou le surarmement des policiers. Un lancement qui fera sans doutes quelques étincelles...