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" Alors tout ça, c’est vrai ? Je ne suis pas… une fiction ? "

chronique

Jeudi 30 janvier 2020 / Danièle Secrétant

Il était une fois, une petite fille de 13 ans, trainée à un dîner littéraire par sa mère, dîner auquel elle n'avait pas envie de participer. À table, un homme de 50 ans. Tout le monde sait que c'est un ogre qui dévore les enfants. Sous le regard aveugle ou complaisant des adultes qui sont là, des autres témoins de l'affaire plus tard, il rapte l'enfant. Ensuite, il l' emprisonne. Un emprisonnement mental ponctué de viols camouflés en preuves d'amour. Vanessa Springora, dans Le consentement, raconte les dérives d'un prédateur sexuel caché sous les habits de l'écrivain Gabriel Matzneff. Elle raconte les dérives d'un milieu, d'une époque. Elle raconte le rapt puis le viol d'une petite fille, au vu et au su des adultes qui auraient dû la protéger.

                

L’enfant, La proie, L’emprise, La déprise, L’empreinte, Écrire, sont les titres des six parties de ce livre qui n’en finit pas de poser des questions aux cœurs et aux consciences. Un livre qui fait l’autopsie, à vif, d’une enfance volée, d’une adolescence violée, d’une vie de femme forte de sa reconstruction. Une autopsie à vif, également, de plusieurs milieux. Celui du monde littéraire, celui du monde des médias, celui du monde de la justice, celui du monde de la protection des mineurs, qui n’en sortent pas grandis.

Rappelons qu’il y a peu, une fillette de 11 ans, a été reconnue consentante de son viol, commis par un homme de 28 ans.

En fin de l’ouvrage, un post-scriptum.

Avertissement au lecteur

Entre les lignes, et parfois de la manière la plus crue, certaines pages des livres de G.M. constituent une apologie explicite de l’atteinte sexuelle sur mineur. La littérature se place au-dessus de tout jugement moral, mais il nous appartient, en tant qu’éditeurs, de rappeler que la sexualité d’un adulte avec une personne n’ayant pas la majorité sexuelle est un acte répréhensible, puni par la loi.

Voilà, commente Vanessa Springora, ce n’est pas si difficile, même moi, j’aurais pu écrire ces mots.

Consentement : Domaine moral. Acte libre de la pensée par lequel on s’engage entièrement à accepter ou à accomplir quelque chose. Domaine juridique. Autorisation de mariage donnée par les parents ou le tuteur d’un mineur.

Trésor de la langue française

C’est la définition du consentement que Vanessa Springora a choisi de mettre en tête de la partie II, La proie.

D’abord, un regard

Le consentement, c’est l’histoire du rapt d’une petite fille, Vanessa Springora. Un rapt mené par un prédateur sexuel, Gabriel Matzneff, G. dans le livre. Un rapt préparé avec la minutie due à la longue expérience de cet homme dans ce genre de prédation. L’enfant a 13 ans quand sa route croise celle du pédo-criminel âgé de 50 ans, lors d’un dîner où sont invités quelques personnalités du monde littéraire. Le premier piège tendu à l’enfant est un regard. À table, il est assis à un angle de quarante-cinq degrés. Une prestance évidente. Bel homme, d’un âge indéterminé, malgré une calvitie complète, soigneusement entretenue et qui lui donne un air de bonze. Son regard ne cesse d’épier le moindre de mes gestes et quand j’ose enfin me tourner vers lui, il me sourit, de ce sourire que je confonds dès le premier instant avec un sourire d’homme et que de père, je n’en ai plus.

[…]

Je m’observe devant la glace et me trouve maintenant plutôt jolie. Envolé, le crapaud dont le reflet me faisait fuir dans les vitrines des magasins. Comment ne pas me sentir flattée qu’un homme, qui plus est un « homme de lettres », ait daigné poser les yeux sur moi ?

Ensuite, des lettres

Après le regard, les mots couchés sur du papier. Des lettres que l’ogre envoie à l’enfant.

De ces lettres, il y en aura beaucoup, d’une onctuosité parfaite, égrenant une kyrielle de compliments à mon sujet. Détail important, G. me voussoie, comme si j’étais une grande personne.

[…]

Puis, à force de sollicitations, je finis par prendre mon courage à deux mains. Je rédige une réponse prude et farouche, mais une réponse quand même. Je viens de fêter mes quatorze ans. Il en a bientôt cinquante. Et alors ?

Le consentement, c’est l’histoire d’un emprisonnement dans un cachot camouflé en château dont l’enfant serait la princesse. Plus tard, elle apprendra que le château recèle d’autres geôles, avec d’autres petites princesses et que dans un ailleurs lointain, ce sont des petits garçons qui servent d’exutoire aux fantasmes de l’ogre.

Dès que j’ai mordu à l’hameçon, G. ne perd pas une minute. Il me guette dans la rue, quadrille mon quartier, cherche à provoquer une rencontre impromptue, qui ne tarde pas à se produire. Nous échangeons quelques mots, et je repars transie d’amour.

[…]

La porte s’ouvre sur un studio en désordre, avec à son extrémité, une cuisine des plus spartiates, tellement exiguë qu’on peut tout juste y faire entrer une chaise. On y trouve de quoi préparer du thé, mais à peine une poêle pour y faire cuire un œuf.

[…]

La chambre sent l’encens et la poussière. Un rayon de lumière pointe par l’encadrement de la fenêtre, une miniature bouddhiste en bronze est posée sur un guéridon auquel il manque un pied, et qu’une pile de livres maintient debout. Un éléphant levant sa trompe, souvenir manifeste d’un voyage en Inde, se désole, perdu à la lisière du parquet et d’un petit tapis persan. Des babouches tunisiennes, des livres, des livres encore, des dizaines de piles de livres, de toutes les hauteurs, couleurs, épaisseurs, largeurs, jonchent le sol… G. me propose de m’asseoir. Un seul endroit permet de se tenir à deux dans cette pièce, le lit.

[…]

Je pressens un inéluctable glissement de situation et pour autant, je ne me lève pas, ne parle pas. G. se déplace comme en rêve, je ne le vois pas s’approcher et soudain il est là, assis tout près de moi, ses bras enlaçant mes épaules qui tremblent.

Un emprisonnement

C’est l’histoire d’un emprisonnement mental, d’un sortilège jeté sur la petite fille, et celui de son emprisonnement dans une cellule de papier. En guise de numéro matricule de la prisonnière, une lettre : V. Ou comment un écrivain, un ogre, un anthropophage, se nourrit de chair fraiche pour assouvir les fantasmes qui nourrissent ses livres et son journal intime publique. Qui nourrissent sa vie aussi. Ou comment un écrivain emprisonne, à grand coups de mots et de phrases, un être vivant dans un personnage de fiction, après l’avoir violée, dupée en la persuadant qu’elle est consentante.

Nécessité financière faisant loi, G. publie chacun de ses livres avec une précision métronomique, au rythme d’un par an. Depuis quelques semaines, il a entrepris d’écrire sur nous, sur notre histoire, sur ce qu’il appelle « sa rédemption » : un roman inspiré de notre rencontre qui sera, dit-il, le grand témoin de cet amour « solaire », de cette « réforme » de son existence dissipée pour les beaux yeux d’une jeune fille de quatorze ans. Quel sujet romantique ! Dom Juan guéri de sa frénésie sexuelle, décidé à ne plus se laisser dominer par ses pulsions, jurant qu’il est un autre homme, que la grâce est tombée sur lui en même temps que la flèche de Cupidon.

[…]

Mais depuis que G. a commencé à écrire ce roman, le réel change de camp : de muse, je me transforme peu à peu en personnage de fiction.

Un champ de mines à traverser

Le consentement, c’est l’histoire de la complicité d’adultes avec le pédo-criminel, adultes qui auraient dû protéger l’enfant, et qui la livrent, pieds et poings liés, à l’ogre. On peut dire que l’enfance parfois, l’adolescence presque toujours, est un champ de mines à traverser, en espérant arriver intact-e-s au bout de la traversée. Encore faut-il avoir de bons guides. Une méchante fée semble s’être penchée sur le berceau de Vanessa Springora. Des parents qui se déchirent, se battent, finissent par se séparer. Une découverte brutale de la sexualité dans les ébats de ses parents, puis lorsqu’elle trouve une poupée gonflable dans un placard de l’appartement de son père, à côté de l’aspirateur, puis la vue d’un exhibitionniste… Avant, plus doux, des jeux sexuels avec un ami d’enfance. Oui, les enfants ont une sexualité qui leur est propre, et les adolescents sont parfois soumis aux dictats de leurs hormones. Aux adultes de faire leur boulot d’adultes. Protéger, guider et parfois interdire. Tenir bon. Vanessa Springora montre, alors qu’elle est inconsciente des dangers qui la guettent, victime d’un sortilège, comment elle s’insurge bec et ongles contrent ceux qui essaient, timidement il faut le dire, de mettre fin à cette soi-disant liaison entre une petite fille de 14 ans et un homme de 50 ans. 

Pour continuer, la rencontre... consentie ? avec le prédateur. Un prédateur qui, même après la rupture due à la décision de l’enfant, continue à la harceler, des années durant.

Vanessa Springora a traversé le champ de mines sans guide. Les explosions ont laissé d’immenses blessures.

Depuis combien de temps avais-je perdu trace de moi-même ? Pourquoi avais-je accumulé autant de culpabilité, au point de croire que je méritais la « peine de mort » ? Je n’en avais pas la moindre idée. Du moins, c’est ce qui m’a semblé, lorsqu’au petit matin, je me suis retrouvée dans cet hôpital sinistre où un professeur barbu, et de toute évidence révéré par les internes qui l’écoutaient tel le messie, m’interrogeait, une caméra posée dans le fond de la pièce, sur l’expérience que je venais de traverser et qui m’avait conduite là, dans ce triste refuge de fous ambulants, délirants, anorexiques, suicidaires, prostrés.

-          Mademoiselle, vous venez de vivre un épisode psychotique, avec une phase de dépersonnalisation, a lâché l’homme à la barbe. Ne faites pas attention à la caméra. Racontez-moi plutôt comment vous en êtres arrivée là.

-          Alors tout ça, c’est vrai ? Je ne suis pas… une fiction ?

[…]

Alors je me soigne comme je peux. Des années de « cure par la parole ». D’abord avec un psychanalyste qui me sauve la vie. Ne voit aucun problème à ce que je renonce aux médicaments prescrits par l’hôpital. M’aide à reprendre des études, malgré une année « blanche » après l’obtention de mon bac.

Un miracle : par l’entremise d’un ami, qui a plaidé ma cause auprès de la proviseure de mon ancien lycée, celle-ci a accepté de me reprendre en classe préparatoire. Je ne les remercierai jamais assez, l’un comme l’autre. Je me remets sur des rails, mais je me sens comme une page blanche. Vide. Sans consistance. Et toujours marquée au fer rouge. Pour essayer de m’intégrer à nouveau, de vivre une vie normale, je porte un masque, je me cache, je me terre.

La littérature, l’art, excusent-ils tout ?

Pour sa défense, Gabriel Matzneff écrit, dans la presse :

Juger un livre, un tableau, une sculpture, un film non sur sa beauté, sa force d’expression, mais sur sa moralité ou sa prétendue immoralité est déjà une spectaculaire connerie, mais avoir en outre l’idée malsaine de rédiger une pétition s’indignant du bel accueil que des gens de goût font à cette œuvre, une pétition dont l’unique but est de faire du tort à l’écrivain, au peintre, au sculpteur, au cinéaste, est une pure dégueulasserie.

La réponse de Vanessa Springora est sans appel :

« Une pure dégueulasserie » ?

Et se taper des « culs frais » à l’étranger, grâce aux droits d’auteur qu’on a amassés en décrivant ses ébats avec des collégiennes, avant de publier sur Internet leurs photos, sans leur consentement et sous couvert d’anonymat, on appelle ça comment ?

Aujourd’hui, alors que je suis moi-même devenue éditrice, j’ai beaucoup de mal à comprendre que de prestigieux professionnels du monde littéraires aient pu publier les volumes du journal de G., comportant les prénoms, les lieux, les dates et tous les détails permettant, du moins pour leur entourage proche, d’identifier les victimes, sans jamais faire précéder ces ouvrages d’un minimum de prise de distance vis-à-vis de leur contenu. Surtout lorsqu’il est explicitement écrit en couverture que ce texte est le journal le l’auteur, et pas une fiction derrière laquelle ce dernier pourrait habilement se retrancher.

Un peu avant, dans son ouvrage, Vanessa Springora livre une définition de ce qu’est un écrivain.

Les écrivains sont des gens qui ne gagnent pas toujours à être connus. On aurait tort de croire qu’ils sont comme tout le monde. Ils sont bien pires.

Ce sont des vampires.

Sa rencontre avec le philosophe Cioran, donne lieu à un récit glaçant. Alors qu’elle vient lui demander aide, secours et conseils, Cioran, après lui avoir assuré que G. ne changera jamais, lui explique doctement que c’est un immense honneur qu’il vous a fait en vous choisissant. Votre rôle est de l’accompagner sur le chemin de la création, de vous plier à ces caprices aussi. Je sais qu’il vous adore. Mais souvent les femmes ne comprennent pas ce dont un artiste a besoin. […] Sacrificiel et oblatif, voilà le type d’amour qu’une femme d’artiste doit à celui qu’elle aime.

La femme d’artiste a 14 ans, l’artiste en a 50.

-          Mais Emil, il me ment en permanence.

-          Le mensonge est littérature, chère amie ! Vous ne le saviez pas ?

Pourtant, c’est sur le terrain du prédateur que Vanessa Springora a choisi de répondre. Elle s’est faite autrice, usant de mots justes, pour anéantir des mots trempés dans l’encre du mensonge et de la vilenie.

On a aussi parlé, suite à la parution du Consentement, de la responsabilité de « l’air du temps post soixante-huitard ». C’est oublier un peu vite Gilles de Rais (1405-1440), Sade (1740-1814), Gauguin (1848-1903), Balthus (1908-2001) pour ne citer qu’eux. En ce qui concerne ce dernier, une toile fait particulièrement débat : Thérèse rêvant. Le modèle, Thérèse Blanchard, a été peinte et érotisée une dizaine de fois entre 1936 et 1939. La fillette a onze ans lors du premier tableau. En 2017, une pétition signée par 12000 personnes demande au MET, à New-York, de décrocher le tableau. Refus du musée. Parler de l'air du temps post soixante-huitard, c'est oublier la pédocriminalité à grande échelle et sur plusieurs continents, dans l'Eglise.

Depuis que les contes pour enfants existent, nombre d’entre eux ont pour fonction de les mettre en garde contre les prédateurs. Le débat sur la responsabilité de l’art, des artistes… reste ouvert.

Ce sont des puritains

Le consentement, c’est l’histoire d’une longue continuité de viols camouflés en preuves d’amour. Avec le consentement de l’enfant ? G. est sûr de lui.

-          Ce sont des puritains qui confondent tout. La gamine qui prétend avoir été violée s’est fait manipuler par des jaloux. Elle était consentante, ça va de soi. Et David Hamilton, tu crois que tous ses modèles se sont offertes à l’œil de son appareil photo sans avoir autre chose en tête ? Il faut vraiment être naïf pour y croire…

En ce qui concerne Hamilton, Flavie Flamant a raconté sa triste expérience avec le photographe, qui a choisi de se suicider.

La litanie est sans fin. Devant tant d’exemples aussi édifiants, comment ne pas s’incliner ? Une fille de quatorze ans a le droit et la liberté d’aimer qui elle veut. J’ai bien retenu la leçon. En prime, ma vie est devenue celle d’une égérie.

L’initiation sexuelle des jeunes personnes par un aîné serait un bienfait que la société devrait encourager ?

En 1974, soit douze ans avant notre rencontre, G. publie un essai intitulé Les moins de seize ans, sorte de manifeste en faveur de la libération sexuelle des mineurs qui fait scandale, en même temps qu’il lui apporte la célébrité.

[…]

G. y défend notamment la thèse selon laquelle l’initiation sexuelle des jeunes personnes par un aîné serait un bienfait que la société devrait encourager. Cette pratique, d’ailleurs répandue sous l’Antiquité, serait le gage de la reconnaissance d’une liberté de choix et de désir des adolescents.

[…]

À en croire la description qu’il en fait dans ses carnets noirs, on pourrait même penser que les enfants philippins se jettent sur lui par pure gourmandise.

Pas facile de se refaire une virginité

Dans une grande solitude, Vanessa Springora a décidé de s’évader. Même sa mère s’inquiète. Pas pour sa fille, pour l’ogre. « Le pauvre, tu es sûre ? Il t’adore ! »

Dorénavant, je n’ai plus qu’un souhait, reprendre une vie normale, une vie d’adolescente de mon âge, ne surtout pas faire de vagues, être comme tout le monde. Les choses devraient être plus facile à présent. Je suis maintenant au lycée. Je vais retourner en cours, ne pas faire attention aux regards en coin de certains élèves, me foutre de la rumeur qui commence à courir chez les profs, ‘Eh, t’as vu, cette fille qui vient d’entrer en seconde, il paraît que G.M. venait la chercher tous les jours à la sortie du bahut, c’est les collègues de Prévert qui me l’ont dit… Tu te rends compte, et les parents laissaient faire ! » Un jour, alors que je suis en train de boire un café au comptoir du bistrot où les élèves trainent entre deux cours, un enseignant s’installe à côté de moi. Il m’apprend que je suis un sujet de conversation dans la salle des profs. « C’est toi, la fille qui sortait avec G.M. ? J’ai lu tous ses livres. Je suis un admirateur. »

Il serait tellement jouissif de lui répondre : « Ah, ouais, t’es un gros porc, alors… » Mais bon, il faut que je me fasse bien voir, maintenant. Je souris poliment, je paie et pars en essayant d’oublier son regard concupiscent sur mes seins.

Pas facile de se refaire une virginité.

Ce qui a changé aujourd’hui

Ce qui a changé aujourd’hui, et dont se plaignent, en fustigeant le puritanisme ambiant, des types comme lui et ses défenseurs, c’est qu’après la libération des mœurs, la parole des victimes, elle aussi, soit en train de se libérer.

Un grand carnaval de confettis

En attendant, écrit Vanessa Springora en fin de son récit, et même si les autodafés m'ont toujours inspiré le pire effroi, je ne serais pas contre un grand carnaval de confettis. Avec les livres dédicacés et les lettres de G. que j'ai récupérées récemment, au fond d'une caisse restée chez ma mère durant toutes ces années. Je les étalerai autour de moi, une belle paire de ciseaux à la main, et je les découperai consciencieusement en minuscules morceaux de papier que je jetterai ensuite au vent, un jour de tempête, quelque part, dans un coin secret du jardin du Luxembourg. Ce sera toujours ça que la postérité n'aura pas.