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Ancien maire de Pontarlier, Yves Lagier est mort

carnet

Mercredi 12 février 2020 / Daniel Bordür

Militant socialiste et associatif, européen convaincu et exigeant, il a accompagné Factuel pour soutenir le journalisme d'investigation qu'il opposait au journalisme de contemplation.

Yves Lagier en 2014.

Yves Lagier est mort lundi au CHU de Besançon des suites d'une courte et très invalidante maladie. Il aurait eu 78 ans le mois prochain. 

Il naquit dans une famille bourgeoise non traditionnelle de Pontarlier où son père était un petit industriel de la tannerie et la scierie. Engagé en politique dans les années 1960, notamment à la Convention des institutions républicaines créée par François Mitterrand, il rejoint ensuite le PS où il fut rocardien puis jospiniste. Des études de droit, suivies à Lyon, et de sciences politiques à Grenoble le conduisirent brièvement au comité d'expansion économique de l'Aisne, à Saint-Quentin, puis à la chambre de commerce et d'industrie de Besançon où Jean Minjoz, le maire de l'époque, vint le chercher pour créer le service économique de la ville. Il fut ensuite directeur de cabinet de Robert Schwint.

C'est à cette époque qu'il fut envoyé par le PS à Pontarlier comme tête de liste aux élections municipales de 1989 et l'emporta. C'est sous son mandat que furent créées une micro-crèche et une halte-garderie, l'office de tourisme et le championnat de France de tarot. Il initia la rénovation du quartier populaire des Pareuses dont des marchés publics ont causé la chute de son successeur de droite, André Cuinet, condamné pour prise illégale d'intérêts.

 

Yves Lagier avait aussi été confronté à des dissensions au sein de sa majorité municipale, notamment après une décision contestée de fermeture de l'abattoir. Il a ainsi été mis en difficulté par la démission du premier adjoint, le radical René Emilli (aujourd'hui adjoint de l'actuel maire Patrick Genre), qui avait assuré plusieurs mois son intérim à la suite de problèmes de santé. Cela l'avait conduit à ne pas figurer en tête de liste en 1995. Il a également siégé au conseil régional de Franche-Comté.

Fort de caractère, Yves Lagier ne craignait pas la confrontation des idées : « il fallait argumenter pour débattre avec lui, sinon on était laminé », se souvient un militant socialiste bisontin. Social-démocrate assumé, militant européen convaincu mais exigeant, il présida l'Union fédéraliste européenne de France. Il se désolait cependant de l'impuissance de l'Union face aux tragédies des migrants naufragés. Appréciant peu les batailles de clans de la section PS de Besançon, il avait préféré s'investir dans celle du Haut-Doubs, contribuant notamment à la préparation des municipales à Pontarlier. C'est peu dire que, avant même son ascension, Emmanuel Macron ne lui aura pas tourné la tête : il s'est brouillé avec certains de ses amis séduits par celui qui devint président en 2017.

Père de deux filles, Yves Lagier était aussi un militant associatif engagé sur plusieurs fronts. Il était investi dans l'association des usagers des transports de l'agglomération bisontine et la fédération nationale (FNAUT), l'association pour le droit de mourir dans la dignité, la maison de quartier de Bregille, et un temps dans l'association régionale de psychiatrie citoyenne.

Il s'était mis il y a quelques années au vélo à assistance électrique : un de ses derniers bonheurs…

Ses obsèques ont lieu vendredi 14 février à 9 h au crématorium de Saint-Claude à Besançon.