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Annie Vinter veut promouvoir « la marque UBFC »

entretien

Samedi 2 mai 2015 / Daniel Bordür

La présidente provisoire de la Communauté d'universités et d'établissements Bourgogne-Franche-Comté (COMUE) estime qu'il faut rattraper le retard pris sur Strasbourg et la Lorraine afin d'exister sur « le marché mondial du savoir »...

Mots-clés: UBFC

  

Vous avez été élue à la présidence provisoire de la communauté d'universités et d'établissements, la COMUE Bourgogne-Franche-Comté. Est-ce par ce que votre concurrent, Charles Fortier, était handicapé par l'affaire de la PEDR ?

Non, ça n'a rien à voir avec cette histoire de prime qui n'a jamais été évoquée. Nous avons présenté deux projets différents, deux visions différentes sur le court terme. Je ne suis pas sûre que ce soit différent sur le long terme.

Quelles sont ces différences ?

Charles Fortier a présenté une vision plus administrative et juridique du travail à accomplir dans les prochains mois par le conseil d'administration provisoire : écrire le règlement intérieur qui accueillera le CA et le conseil académique, puis la mission d'organisation des élections à venir. Il s'est limité à un projet autour de ces deux missions. Pour moi, on démarre avec un grand retard par rapport aux universités de Strasbourg ou de Lorraine qui existent depuis deux ans alors que nous n'en sommes qu'aux premiers pas. J'ai proposé de nous impliquer dans un projet plus ample, de rendre présente la marque UBFC.

Une marque ?

C'est une réalité qui existe, il faut la partager de Belfort à Mâcon, de Besançon à Nevers... Que les gens sachent qu'ils sont dans une entité commune. Il ne faut pas attendre davantage.

Enseignante-chercheuse en psychologie cognitive du développement de l'enfant
Ni syndiquée ni adhérente d'un parti politique, Annie Vinter est enseignante chercheuse en psychologie cognitive du développement de l'enfant. « J'ai travaillé sur le développement des fonctions intellectuelles, motrices, perceptives. Par exemple comment fait l'enfant pour apprendre à marcher, prendre des objets, reconnaître... Comment un adolescent apprend à raisonner... Ma thèse était sur le bébé jusqu'à six mois. J'ai beaucoup travaillé sur l'enfant de 3 à 10 ans... J'ai commencé à travailler sur les personnes en vieillissement car c'est aussi une forme de développement. J'ai beaucoup travaillé avec les sciences de l'ingénieur et les neuro-sciences »

La COMUE n'est-elle pas une alternative à l'université fédérale ?

C'est le même esprit qu'une université fédérale. On rassemble les universités et les écoles. Une université fédérale rassemble des institutions continuant de perdurer. On a préparé UBFC eu sens de l'université fédérale, il n'y a aucun antagonisme. La COMUE est conçue entre quatre écoles et deux universités qui constituent les prémisses d'UBFC.

Considérez-vous qu'il y a des enjeux de taille dans un univers concurrentiel ?

Il y aura des enjeux de taille pour les futurs étudiants, dans les années à venir. Il faudra leur assurer un accès une formation de qualité et multiplier l'offre de diplômes. Aujourd'hui, les universités ont des difficultés financières et ne peuvent plus seules assurer des formations de qualité quand les effectifs sont réduits. UBFC doit porter la coordination, l'accès à toutes les formations, même s'il y a de petits effectifs. Il faut maintenir les enseignements et les recherches dans les secteurs ayant peu d'effectifs.

« La mondialisation du marché du savoir »
Lire ici sur le site de l'université de Bourgogne, un entretien où Mme Vinter parle notamment de la « mondialisation du marché du savoir » à propos de la candidature à l'appel à Projets d'Investissements d'Avenir I-Site de quinze partenaires.

Lesquels ?

Certaines langues, la physique... Ça transcende la dichotomie sciences dures - sciences humaines... Par ailleurs, c'est la tendance pour tout le monde, il faut assurer une visibilité nationale, européenne, internationale à nos établissements. Quand on se pose la question de la coordination, on arrive à la masse critique, passer un cap de sélection des dossiers. Le nôtre est l'un des trois seuls dossiers sélectionnés, ça s'est fait à partir de la collaboration dans les laboratoires.

Y a-t-il des risques d'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants dans les années à venir ?

Non, il faut garantir le service public.

Avec la fusion des régions, la perte de certaines directions de l'Etat, de sièges d'entreprises ou encore d'un centre de tri postal, Besançon craint beaucoup de ce regroupement...

Besançon, c'est confirmé, aura le siège d'UBFC : ça doit être la réalité dans tous les campus. L'intérêt de tout cela, c'est le maintien de la sauvegarde et de la pluridisciplinarité de la carte des formations, le maintien de toutes les disciplines.

Quels liens avec la grande région dont les directions ont commencé le travail de configuration ?

Il y a nécessairement des liens. Les universités ont le soutien financier des conseils régionaux. J'espère que les premières réalisations communes montreront que les rapprochements sont faisables. Je vais prendre contact avec le conseil inter-régional naissant pour affirmer l'étroitesse des liens.