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Bol d'R à Besançon : le soutien des Insoumis, d'EELV, des élus municipaux de gauche...

brève

Mercredi 11 avril 2018 / La rédaction

Les Insoumis demandent à la ville d'héberger l'association, les écolos demandent l'annulation de la dette... Les groupes EELV, PCF et PS du conseil municipal écrivent la même chose à la présidente de la Saiemb.

Les groupes d'action de la France Insoumise (Viotte-Montrapon, Palente-Orchamps, Vaites Chaprais, Bregille Pré de Vaux Les Vaites, Boucle Battant, Chalezeule, Besançon-Saint-Claude, Jeunes insoumis.e.s-Besançon, Montrapon Fontaine Ecu Planoise, Flore Liberté Justice, Velotte La Butte) réaffirment dans ce communiqué du 8 avril leur soutien à Sol Mi Ré :

« Depuis le mois d’octobre 2017, les bénévoles de ce collectif ont permis à des familles de migrants laissées à la rue de venir cuisiner, se laver, se réchauffer et pour les enfants de jouer, durant quelques heures.

Face aux manquements graves de la Préfecture du Doubs et de la ville de Besançon qui n’ont pas remplis leurs obligations légales envers les migrant.e.s, les bénévoles de ce collectif ont apporté un peu d’humanité à ces enfants, à ces familles.

Entre légalité et légitimité, la décision du TGI confirme que dans notre pays le droit de propriété vaut plus que la dignité humaine.

La décision rendue est donc lourde de sens sur le fond, mais elle l’est aussi sur le plan financier.

En condamnant le collectif à une indemnité d’occupation à compter du 14 octobre 2017, c’est plus de 3300 euros qui lui est demandé. Sans compter les dépens (frais d’huissier...). Est-il utile de rappeler que ce local était inoccupé depuis plusieurs années ? La SAIEMB, propriétaire du local, réalise finalement une belle opération financière !

Nous tenons à souligner, que la SAIEMB est une société d'économie mixte dont la ville de Besançon est actionnaire majoritaire. Toutes les décisions politiques prises par elle le sont donc sous le contrôle de la municipalité ou à son initiative. Il en a été ainsi tant pour le refus d'accorder un bail pour l'occupation du Bol d'R à SolMiRé que pour assigner SolMiRé au TGI en vue de son expulsion.

Nous nous interrogeons également sur l’utilité des membres de cette majorité municipale qui durant cette période n’ont en rien réussi à infléchir la ligne politique de la ville sur ce dossier.

Face aux sommes indécentes qui sont exigées et pour saluer la mission de service public assumée par le collectif, nous demandons à la ville de Besançon, à Mme Danielle Poissenot, présidente de la SAIEMB et adjointe de M. Fousseret, de renoncer à la demande de versement des sommes dues.

Nous demandons également à ce que la ville soutienne ce collectif qui ne fait qu’inscrire son action dans le respect de nos valeurs d’humanité et des Droits de l’Homme. A ce titre, nous demandons qu’il lui soit attribué un local.

Enfin, nous appelons les citoyen.ne.s à la vigilance afin qu’ils restent à l’écoute du collectif et continuent à lui apporter son soutien dans son action de tous les jours mais aussi face aux conséquences de cette décision. »

 

Europe-Ecologie-Les Verts fait de même le 9 avril en ces termes :

« A Besançon, nous devons trouver notre solution pour accueillir les migrants dans notre Ville aujourd'hui et demain.

Cette solution ne peut se trouver dans l'incrimination des mouvements citoyens de solidarité aux migrants. Lors de l'audience du 3 avril 2018, le collectif SolMiRé a été condamné à l'expulsion et au paiement rétroactif d'une indemnité d'occupation suite à la plainte de la SAIEMB. Conscients de la mission d'intérêt général menée par les membres de ce collectif depuis plusieurs mois, Europe Ecologie Les Verts appelle l'ensemble des forces politiques humanistes et de gauche de Besançon à demander l'annulation par la SAIEMB de "la dette" du collectif SolMiRé et à soutenir la mise en place d'un dispositif d'accueil des migrants solidaire et humain en lien avec la mobilisation citoyenne.

Une politique ambitieuse de l'accueil des migrants doit voir le jour à Besançon. Tous les échelons territoriaux et nationaux sont concernés. La ville doit d'ailleurs garantir la protection de la famille.  Alors que le projet de loi asile et immigration entre en discussion au Parlement, Europe Ecologie Les Verts souhaite rappeler son opposition à ce texte qui réduit les droits des personnes étrangères en France.  Localement, démontrons collectivement qu'une vision des politiques migratoires est possible. »

 

Les présidents des groupes de gauche du conseil municipal souhaitent une « sortie par le haut » et écrivent (le 12 avril) à Danièle Poissenot, la présidente de la Saimeb :

« Les élu-es des Groupes Socialiste et Société civile républicaine, Europe-Écologie Les Verts et Parti Communiste Front de Gauche ont pris connaissance de la décision du Tribunal de Besançon en date du mardi 3 avril 2018 à l’égard de l’association SolMiRé, avec laquelle nous sommes en contact depuis plusieurs mois. Cette décision exige de l’association qu’elle quitte les locaux commerciaux vous appartenant qu’elle occupe jusque-là illégalement, et y ajoute la demande d’indemnités d’occupation.

Nous avons eu plusieurs fois l’occasion d’échanger avec les membres de l’association qui ont attiré notre attention sur des problématiques importantes concernant les conditions d’accueil des migrants sur le territoire Bisontin, et notamment les équipements et services dont ils pouvaient disposer en période hivernale. Nous avons rencontré des bénévoles directement sur place, et certaines difficultés ont d’ailleurs pu trouver des améliorations.

Le réseau des bénévoles de cette association a réalisé au sein du « Bol d’R » une action humaniste en direction de publics en grande difficulté pour lesquels ils estimaient l’accueil de jour insuffisamment assuré par l’État. C’est pourquoi nous pensons que cette situation est à prendre en compte et nous faisons donc la proposition aux membres du Conseil d’administration de la SAIEMB de ne pas exiger de l’association le paiement des indemnités d’occupation, à titre exceptionnel.

Les élu-es sont des citoyen-nes engagé-es dans la vie de la Cité, responsables de la bonne gestion des ressources et deniers publics. Nous devons donc agir en ayant pour cap l’intérêt général en « sortant par le haut » d’une situation difficile qui aujourd’hui pourrait être résolue par un compromis.

En vous remerciant par avance de bien vouloir relayer cette proposition aux membres du Conseil d’administration de la SAIEMB, nous vous prions de croire, Madame la Présidente directrice générale, en l'assurance de notre haute considération. »