Abonnez-vous maintenant

Pour lire tous les articles du Journal et créer votre blog à partir de 7€/mois

Caramba, encore raté

parti pris

Lundi 30 mars 2015 / Daniel Bordür

On allait voir ce qu'on allait voir. Et on a vu. Le FN n'a pas un département en France. En Franche-Comté, on a vu. Quarante neuf fois qualifié pour le second tour dans 62 cantons, le FN n'a rien récolté. Pas un canton.

Bien aidé par le passage du seuil d'élimination de 10 à 12,5% des inscrits, par le redécoupage des cantons notamment ruraux, par la misère et le précariat qui produisent l'abstention, par la destruction de la culture politique, le refus des médias de masse de traiter des enjeux des élections et de faire la pédagogie du département, il a servi à éliminer à tour de bras des gens qui se bougent et agissent, inventent et créent, donnent et se dévouent. Il a servi à éliminer des républicains de droite, du centre, de gauche, écolos, indépendants, citoyens, et parfois quelques notables. Une chèvre et un lapin avec l'étiquette FN auraient fait 25% dans n'importe quel canton. (Que les chèvres et les lapins veuillent bien nous excuser.)

Du coup, il focalise sur ses lubies, hypnotise les journalistes, fascine des jeunes en rupture. Bref empêche de voir clair, prive les citoyens de débats autre que pour ou contre lui. C'est à cela que sert le FN. A tuer dans les esprits l'idée même de la complexité des choses, l'idée de la résolution des conflits par le débat. Il sert à anéantir l'idée même de la démocratie. Le pire, c'est qu'il s'en défend, s'en sert, la reprend à son compte, l'utilise pour la pervertir et la corrompre.

Heureusement, il se trouve encore une majorité d'électeurs francs-comtois pour l'avoir compris. S'il convainc une forte minorité, rarement plus de 20% des inscrits (22% à Valentigney) et plus souvent moins de 15%, ce qui reste beaucoup, il ne parvient pas à emporter l'adhésion d'une majorité, même quand un électeur sur deux ne se déplace pas.

C'est un soulagement. Une petite victoire sur la haine. Mais ceux qui tiennent la digue et la colmatent aimeraient bien un coup de main des gouvernants qui pendant ce temps continuent de regarder ailleurs. Comme si l'orage était encore passé...