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« La cause première des inondations, c'est l'eau... mais les impacts découlent de nos choix »

tribune

Samedi 11 juin 2016 / Invité

« Alors qu’un nouvel épisode pluvieux extrême frappe notre pays, les vieilles lunes de l’aménagement des cours d’eau ressurgissent », soulignent dans cette tribune les fédérations PACA, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté de France-Nature-Environnement qui défendent la préservation des zones humides et la réduction de l'imperméabilisation des sols...

Le lac de Remoray, dans le Haut-Doubs, est classé réserve naturelle. De l'importance de préserver les zones humides...

Alors qu’un nouvel épisode pluvieux extrême frappe notre pays, les vieilles lunes de l’aménagement des cours d’eau ressurgissent. Chacun fait assaut de ses propres solutions :

‐ ici un nouveau barrage écrêteur qui, sur le bassin de la Seine, n’aurait d’autre effet que d’abaisser de quelques centimètres des hauteurs d’eau qui se comptent en mètres lors d’un épisode majeur de crue

‐ là des dragages de cours d’eau pour en approfondir le fond

‐ partout des endiguements sans cesse plus élevés pour protéger les biens et les personnes imprudemment installés dans le voisinage de cours d’eau soudain devenus infréquentables

Attention à l’apparence du « bon sens »

Plus opportunistes encore, certains n’hésitent pas à mettre en cause les politiques de restauration naturelle de nos cours d’eau et de leur continuité écologique, péniblement mises en œuvre pour répondre aux exigences de la Directive Cadre sur l’Eau. Ce serait l’effacement des seuils qui serait à la source de tous ces désagréments… Un simple calcul à la portée de n’importe qui montre l’inanité de tels raisonnements même s’ils persistent à se revêtir de l’apparence du « bon sens » auprès de certains décideurs locaux. L’eau que l’on chasse à un endroit fera immanquablement irruption ailleurs !

La cause essentielle des inondations c’est, faut‐il le rappeler, le volume d’eau qui est tombé en très peu de temps.

Face à de tels phénomènes, les meilleures parades consistent, d’une part, à préserver partout où elles existent encore les infrastructures naturelles que sont les zones humides et les espaces de bon fonctionnement des cours d’eau autour du lit de ces derniers, qui rendront à peu de frais des services identiques à ceux d’hypothétiques barrages écrêteurs et, à les restaurer chaque fois que cela est possible. D’autre part, il faut réduire l’imperméabilisation des sols dans toutes les zones urbanisées et limiter l’exposition au risque dans les urbanisations nouvelles par un zonage adapté… et respecté…

Les collectivités ont l'outil qui leur manquait

Toutes ces mesures sont exactement celles préconisées dans les SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) récemment prescrits dans les bassins hydrographiques alors que les nouvelles lois MAPAM et NOTRe, avec la compétence GEMAPI, donnent aux collectivités l’outil qui leur manquait pour jouer sur ces bons leviers de façon à mettre autant que faire se peut nos concitoyens à l’abri du risque inondation.

Loin d’être une contrainte, la préservation et la restauration de nos espaces naturels tant dans leur étendue que dans leurs fonctionnalités hydrauliques est la seule solution face au risque inondation et c’est aussi la solution la plus économique. A retenir : « Il n’y a aucune solution technique pour stopper une crue majeure à Paris »…1