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Deux ou trois choses sur Agnès Varda...

rencontre

Samedi 30 mars 2019 / Michèle Tatu

Le 17 janvier 2018, Michèle Tatu était au festival Premiers Plans d'Angers qui accueillait Agnès Varda. « Je suis féministe depuis toujours. J’ai défendu le droit à la contraception et à l’avortement. Une femme peut choisir entre être ronde ou être plate. On n’a pas besoin de maîtres », disait la cinéaste lors d'une rencontre avec le public...

« L’homme est la bourgeoisie. La femme le prolétariat... » Agnès Varda (photo Michèle Tatu)

Elle pourrait être la mère de la Nouvelle Vague se plaît-on à dire aujourd’hui. Elle a commencé sa carrière à l’époque où il y avait peu de femmes-cinéastes. Interrogeant sans cesse les modèles dominants, ses films donnent la parole aux squatteurs, SDF, glaneurs… Auteure de 39 films, fictions et documentaires, elle a fait une belle apparition au grand théâtre d’Angers, le 17 janvier, pour parler de son travail.

Agnès Varda est une conteuse. Sa voix a une coloration précise, légère, joueuse, joyeuse.

Elle est assise devant un pupitre avec un petit oiseau. Une sorte de fétiche. Elle regarde la salle, le beau théâtre à l’ancienne, et dit avoir la chance de prendre la parole ici. Elle revient sur ses débuts.

« J’ai commencé par réaliser Cléo de cinq à sept, un film sur la beauté et la mort. J’ai écrit moi-même les paroles de la chanson mise en musique par Michel Legrand. »

Entre fiction et documentaire, elle n’a pas fait de choix, optant pour l’un ou pour l’autre selon son désir de cinéma. « J’ai toujours aimé faire des documentaires. Daguerréotypes n’est pas un documentaire sur le procédé, mais sur mes voisins de la rue Daguerre. »

Agnès Varda excelle dans les portraits de femmes, de Cléo de cinq à sept à Sans toit ni loi : « Je suis féministe depuis toujours. J’ai défendu le droit à la contraception et à l’avortement. C’est pour cela que j’ai réalisé L’une chante, l’autre pas. Une femme peut choisir entre être ronde ou être plate. On n’a pas besoin de maîtres. L’homme est la bourgeoisie. La femme le prolétariat », martèle encore la cinéaste.

Utopiste, elle invente une autre forme de vie de couple dans un film haut en couleur intitulé Le Bonheur « Je voulais, dans l’inspiration rapide, chercher comment on peut raconter le bonheur. Je voulais réaliser ce film en Ile de France, là où de grands peintres ont travaillé. J’ai choisi de faire jouer le personnage masculin par Jean-Claude Drouot, connu par Thierry la fronde. Il jouait avec sa propre épouse et ses enfants. Dans le film, il rencontre une autre femme. Il voulait ajouter du bonheur au bonheur. Est-ce que la fidélité a du sens ? »

Sa méthode de travail est là dans cette manière bien à elle de prendre la parole, de questionner le monde, de mettre en avant le féminisme, de proposer d’autres façons de vivre, de penser, d’être artiste et femme libre tout simplement.

  • Cliquer ici pour l'ensemble du reportage sur l'édition 2018 du festival Premiers Plans