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« Je continue, je n'ai pas les moyens de faire Noël »

reportage

Lundi 17 décembre 2018 / Daniel Bordür

A Lons-le-Saunier, les ronds-points de L'Etoile et surtout du Rocher sont constamment occupés par des Gilets jaunes qui se relaient. Ce lundi encore, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté leur attachement à une protestation qui montre que la colère est intacte.

Mots-clés: gilets jaunes
Le rond-point du Rocher, lundi matin, au carrefour des routes Besançon-Lyon et Lons-Chalon. (Photos Daniel Bordur)

Quand on se promène à pied dans la campagne au nord de Lons-le-Saunier, on entend souvent à l'automne des coups de fusil de chasse, des aboiements de chiens, des cors annonçant la fin d'une battue... Ces dernières semaines, ce sont les coups de klaxon qui retentissent par delà les rideaux d'arbres. Ils signalent les sonores encouragements des conducteurs empruntant la nationale 83 à l'intention des occupants du rond point de l'Étoile. Le village au célèbre vignoble est à un kilomètre. Une bonne partie des usagers transitant par le giratoire passent par la déviation contournant le chef-lieu, en provenance ou en direction de Lyon ou de Chalon d'un côté, de Besançon et Dole de l'autre.

Nadège, Lionel et Corinne, rencontrés sur place samedi 15 décembre en fin d'après-midi, sont là presque tous les jours depuis un mois. « Je viens en sortant du boulot, parfois jusqu'à 20 heures, et même jusqu'à minuit jeudi dernier parce qu'on a attendu les CRS qui devaient nous déloger. On était pas loin de cent, ils ne sont pas venus », sourit Lionel. Employé d'entretien de l'autoroute A39, « dans les petites camionnettes jaunes », il gagne « entre 1400 et 1500 euros par mois, et sans prime de risque... Et pour Noël, c'est ric-rac... Il y a quelques années, on pouvait faire de beaux cadeaux aux enfants... J'en ai trois... »

« Je m'appelle Patrick Macron, c'est le nom de tout le monde ici »

Fière d'être passée « sur France 3 national chantant la Marseillaise », Nadège, aide-soignante à l'hôpital public, est là pour les salaires : « je touche 1200 euros pour un temps-plein en travaillant un week-end par mois ». Corinne cite d'abord le RIC, le référendum d'initiative citoyenne, mais est aussi là « contre les fermetures dans les hôpitaux et pour le pouvoir d'achat ». Contrôleuse qualité dans l'industrie, elle travaille la nuit, et s'en sort à peu près avec « 2000 euros par mois sans enfant », évoquant une convention collective qu'elle a défendue lorsqu'elle était « élue CGT ». Entendant cela, Nadège s'exclame : « Moi, j'étais à FO ! » Et elles se tapent joyeusement dans la main.

Comme les autres occupants du site, ils vont et viennent depuis le début du mouvement entre le rond-point du Rocher où « il y a beaucoup de monde » et le péage de Bersaillin, font signer des pétitions. A deux pas, se réchauffant au braséro, voilà Patrick. « Je m'appelle Patrick Macron, c'est le nom de tout le monde ici », plaisante-t-il avant de  m'interroger : « et vous ? » Journaliste à Factuel. « Pas de BFM ? » Non.

A 59 ans, Patrick en a gros sur le cœur : « ça fait quarante ans que j'en ai ras-le-bol de ce système, il faut refaire une révolution... Je suis chômeur, j'ai été intérimaire, j'ai travaillé dans l'industrie, été chauffeur... J'aurais pu être en retraite à 60 ans avec le dispositif carrière longue, mais à cause du chômage et de la maladie, je dois attendre 62 ans... » Les réformes successives des retraites n'ont débouché que sur la prise en compte de quatre trimestres de chômage ou de maladie tout au long de la carrière...

Sur le terre-plein central en direction de la ville, un petit groupe de gendarmes discutent à côté de leur deux véhicules. L'un s'approche du braséro, s'y chauffe les mains. Il explique être là, avec ses collègues, « pour assurer la liberté de circulation des personnes et des biens ». Un Gilet jaune lui demande : « Vous allez nous virer ? » Réponse : « ce sera partout pareil... » Le Gilet jaune : « Déjà qu'ils nous interdisent de manifester à Paris... »

Gilles et John...

Je suis là depuis une demi-heure et il y a déjà eu pas mal de mouvement parmi les Gilets jaunes. Les uns sont allés rendre visite à leurs camarades du Rocher. Certains sont partis, d'autres arrivent, en terrain connu. Présentations. « Moi c'est Gilles... » »... et moi c'est John ! » Éclats de rire. Gilles et John - prononcer Gilet jaune - sont en fait Rémy et Jean-Louis, vigneron à la retraite : « il faut marquer qu'on est pour le RIC », dit ce dernier. Rémy théorise : « Parce qu'on signe un chèque en blanc pour cinq ans à des gens qui se fichent de nous et on recommence cinq ans après. On est désapproprié de notre démocratie, la constitution de 58 en est une parodie ».

Ancien travailleur social, un temps directeur d'une institution, Rémy est aujourd'hui chômeur... « et fatigué ». D'une voix un peu lasse, il fait remarquer : « les gendarmes ont relevé les plaques, ce matin ils ont demandé les papiers de tout le monde, le préfet joue le durcissement... Une révolution, ou ça s'étouffe, ou ça se poursuit dans la violence. Quand je vois le mouvement à Lons, je suis déçu. Quand je veux me remonter le moral, je vais à Dole... A Lons, on est moins organisé, on a moins de passé industriel, on est coincé entre entres viticulteurs, les cadres et les plateaux où les gens vont travailler en Suisse... »

Rémy continue : « Nous qui avions une conscience politique, si on ne se bat pas, qui va se battre ? J'ai été à gauche, socialiste. Mais j'ai vu l'escroquerie du socialisme telle que le PS l'a fait, il a été mondialiste... et j'ai cinq enfants métis. Là, je viens laver la honte. Je suis chrétien, pas catholique. Si ce peuple ne se met pas à genoux devant Dieu, le satanisme financier va le bouffer... »

On a déménagé, mais ils nous font payer deux taxes d'habitation !
Quand on les prévient, ils disent qu'ils nous redonneront les trop perçus en fin d'année, mais c'est maintenant qu'on en a besoin ! »

La nuit a fini par tomber. A quelques pas, près du braséro, voilà Mickaël, 27 ans. « Je suis dans le mouvement depuis le premier jour, quasi quotidiennement. J'ai commencé ici puis je suis allé au Rocher car c'est là-bas que ça se passe. Mais je me désolidarise de ce qu'il s'y passe le soir, des débordement à cause de l'alcool... » Daniel, retraité de l'automobile, intervient : « On est pacifique ». Deux gendarmes s'approchent du feu pour se réchauffer...

Mickaël poursuit : « J'ai une petite entreprise individuelle de travaux agricoles et forestiers. Je n'en peux plus, on est saqué... Quand le gazole monte, je ne me tire pas de salaire. Il était à 0,56 € il y a un an, il est à 1,10 aujourd'hui. Ils voulaient le mettre à 1,50... Je suis en concurrence avec des entreprises d'Etat comme l'ONF ! Ma femme est infirmière libérale. Après son congé de maternité, les impôts nous ont prélevés comme si on avait gagné la même chose cette année alors que nos revenus ont baissé. On a déménagé, mais ils nous font payer deux taxes d'habitation ! Quand on les prévient, ils disent qu'ils nous redonneront les trop perçus en fin d'année, mais c'est maintenant qu'on en a besoin ! »

Daniel hoche la tête. Il se dit qu'il n'est pas le plus à plaindre. Sa retraite étant de 1350 euros brut, il ne paiera plus la hausse de la CSG qui le concernait. « Je suis là pour tout un ensemble de choses », explique-t-il, « on trime, on fait tourner le pays... Les radars, les taxes, les deux poids deux mesures, la corruption, y'en a marre de ce gouvernement... »

Gouverne-t-il pour les très riches comme on l'entend souvent ? « Aujourd'hui, oui. Il faudrait des gens qui ont connu l'atelier, qui connaissent le prix d'une baguette de pain. Ce sont tous des charlots, des profiteurs... » Daniel vote « toujours ». L'an dernier, au second tour, il a voté blanc : « je ne voulais pas voter Macron, ni pour l'extrême-droite : je ne suis pas raciste. Le racisme, ce n'est pas de chez nous... » Je lui montre la pancarte « Roumains, Pologne » avec une flèche vers Lons plutôt que vers la déviation. « Elle est ambigüe, on explique que c'est par rapport aux salaires des routiers polonais ou roumains... »

« Je gagne 1900 euros, mais je travaille tout le temps... »

Daniel a ce qu'on appelle une conscience de classe. Il n'était pas syndiqué quand il travaillait dans la concession Renault du coin, mais il était élu au CHSCT et en garde un souvenir cuisant : « ils ont mis un an et demi pour nous faire avoir les chaussures de sécurité qu'on avait demandées... » Quelqu'un vient de mettre la sono qui crache du camion forum. Une parodie actualise une vieille chanson : « Qui a eu cette idée folle d'augmenter le gazole ? C'est ce sacré Jupiter. Sacré Jupiter ! »

Élevant seule un enfant, Isabelle, la soeur de Mickaël, fait sa deuxième visite sur le rond-point. Elle a travaillé en Ehpad, a préféré devenir aide à domicile en CESU, mais trouve que c'e st trop précaire car elle ne s'occupe que d'une seule personne : « si elle part en Ehpad, elle n'a plus besoin de moi... Je gagne 1900 euros, mais je travaille tout le temps... » Du coup, elle se demande si elle ne va pas retourner travailler en établissement. Elle aime le côté relationnel : « c'est pour ça que je fais ce métier ». elle dit encore : « Comme tout le monde, j'ai trop de choses à payer, mais comme je dépasse les plafonds, je n'ai pas d'aide. Mon fils, interne, ne peut pas être boursier... »

Au second tour de la présidentielle, Isabelle n'avait « envie ni de l'un ni de l'autre ». Mickaël, lui, a franchi le pas et voté Le Pen aux deux tours : « pas par adhésion, mais parce que le vote blanc est caduc. Je regrette d'avoir voté Le Pen au premier tour, surtout quand j'ai vu Jean Lassalle mettre un gilet jaune et dire à une journaliste qu'il faisait comme son ami le maire de Saint-Claude qui veut garder sa maternité... Je ne voterais pas Mélenchon, je ne regrette pas que ce ne soit pas Le Pen qui ait été élue. Macron n'est pas si mauvais, mais c'est la société qu'il faut changer. Il faut une 6e république, arrêter de subventionner les grandes entreprises. Les petites entreprises, c'est l'avenir. Ce sont elles qui créent l'emploi, maintiennent la vie et la ruralité... »

Continuera-t-il le mouvement ou fera-t-il une pause le temps de Noël ? « Je continue, je n'ai pas les moyens de faire Noël... »

« 580 euros en moins sur l'année
avec la CSG !»

Lundi matin, le rond-point de l'Etoile était cependant libéré des remorques et autres objets marquant l'occupation. Ne restait qu'un filet de fumée au dessus d'un foyer de cendres. Trois kilomètres plus au sud, le rond-point du Rocher restait quant à lui animé. Constructions sommaires de planches et de palettes, murets de pneus, tas de bois, cendres froides ou fumantes. Des Gilets jaunes sont regroupés aux points stratégiques, sans entraver la circulation.

Trois retraités discutent au cul d'une fourgonnette au coffre ouvert et se partagent un café. Jean-Louis, 70 ans, démarre au quart de tour : « on a eu 580 euros en moins sur l'année avec la CSG ! Je connais une femme qui n'a que 15 degré dans sa maison. Il y a plein de choses qui ne vont pas. J'ai un copain qui travaille encore à 70 ans, bêche les jardins, pour survivre... En France, il faut tout remettre à plat ! Nous ça va, on a acheté une petite maison, mais on est là pour aider les autres. On est contre la casse, samedi on était à la manif pour l'hôpital où ma fille travaille depuis 16 ans pour 1300 euros... »

« Mon gamin est intérimaire, il en chie. Tout le monde en chie... »

Jean-Pierre en rajoute sur le « tout remettre à plat » : « on paie encore Giscard ! Mais quand vous êtes licencié, vous ne touchez plus votre salaire ! » Arrive une femme qui, apprenant mon métier, commente : « Tant que les journalistes disent la vérité, tout simplement... Y'en a marre des mensonges. Ils disent qu'il n'y avait personne à la manif, mais des gens m'ont appelée de l'autoroute pour me dire qu'ils étaient bien mille à être bloqués par les CRS... Ça ne s'essouffle pas ! »

Voilà Sébastien, au Rocher tous les jours après après démarré l'occupation par le rond-point de Messia-Gevingey, plus au sud. Chômeur correctement indemnisé, il dit soutenir les jeunes : « j'ai trois enfants, une petite fille, et la pension de réversion que touche ma mère qui est en Ehpad n'est pas suffisante... Mon gamin est intérimaire, il en chie. Tout le monde en chie... Quelqu'un au Smic avec un crédit d'appartement et une voiture, comment il fait pour vivre ? Quand on travaille une heure, on se fait retirer le chômage...

Arrive un homme qui ne dit pas son nom : « je suis un ancien militaire, un tatoué ». Il pense aux « intérimaire, aux travailleurs pauvres qui ne peuvent pas se chauffer ». Je lui fais remarquer qu'il fait de la politique, il conteste : « Non, je suis citoyen ! » Un autre Jean-Louis se mêle à l'échange : « J'ai toujours voté pour le petit. Ma famille votait à droite, mais moi à gauche. J'ai voté Macron pour ne pas que ce soit l'extrême-droite qui me fout la trouille, mais avec ce bordel, elle va passer la Le Pen ! » Pense-t-il s'être fait avoir par le président élu ? « Oui. J'ai voté pour lui parce qu'il voulait relever la France... »

« Je suis SDF. Des gens m'ont recueilli... Ça change toute ma vie... »

Un nouveau arrive dans le petit groupe, Patrice : « Je suis SDF. Je suis arrivé il y a trois semaines de Besançon. Des gens m'ont recueilli dans la cabane en face, j'y dors tous les soirs... Ça change toute ma vie. J'ai quinze ans de rue. Après le mouvement, je vais rebosser, un gars m'a proposé de faire les marché avec lui... »

La cabane. Une construction sommaire qui abrite Patrice la nuit, mais aussi ceux qui sont là quand il pleut ou qu'il fait froid. On y cuisine, on y fait du feu, on y mange. De l'autre côté de la route vers le sud, une autre cabane. Il y en avait une petite, côté Bletterans, mais elle partie en fumée. Ceux qui ont fait le coup se seraient excusés et auraient promis de la reconstruire.

« J'ai fait la première cabane et l'ai agrandie à mesure qu'il y avait de plus en plus de monde », dit Sébastien qui se présente comme le gardien du lieu, « celui qui intervient quand il y a un souci ». C'en est aussi un témoin : « On nous apporte à manger, il y a de tout, mais on refuse l'alcool... » En fait, le seul qui est là est apporté par des Gilets jaunes eux mêmes. Ce lundi midi, on en croise d'ailleurs un qui a légèrement abusé et parle un peu fort. Ses nouveaux amis se chargent de lui... Sébastien poursuit sa description : « Le matin, c'est les anciens. Le midi, tout le monde vient, les familles. Le soir, c'est les jeunes... »

Sébastien a 45 ans. Il était régleur sur presse à injection, gagnait bien sa vie : « je gagnais 3000 euros, je payais mes impôts, je ne me plaignais pas... » Une maladie l'a laissé handicapé et dépendant de la Sécu : « je perçois 700 euros par mois, j'ai 900 euros de dépenses...  Il m'est arrivé une catastrophe, je ne reçois pas d'aide... Je suis bénévole aux restos du cœur, bien que je sois dans la misère, j'aide... »

D'une voix douce, il dit sa « colère contre l'Etat : on donne, mais on n'a rien en retour ». Il est aussi en colère contre les médias qui ont tout fait pour étouffer la parole. Il ne voit pas en l'extrême-droite une solution, « bien au contraire », et ajoute : « les cités n'en peuvent plus aussi, ont des problèmes d'isolation... »

« On dit que les gens sont individualistes, mais ils sont vraiment solidaires... »

En repartant, je croise Jean-Pierre, Jacques et Marcel, juste à l'endroit où j'avais parlé à trois autres retraités qui, eux, sont repartis. Jean-Pierre parle de « la CSG et du pouvoir d'achat de nos gamins ». Marcel de « la CSG et du gel des pensions ». Jacques du référendum de 2005 : « on a voté non et ils ont fait le 49-3 qui est le premier truc à enlever ». En fait, le traité de Lisbonne, qui a remplacé le traité rejeté, n'est pas passé grâce à l'article 49-3 de la constitution qui permet d'adopter sans vote un texte si aucune motion de censure ne renverse le gouvernement, mais par voie parlementaire. Dans l'esprit de Jacques, il s'agit bel et bien de tours de passe-passe pour contourner la volonté populaire.

Un quatrième retraité rejoint le petit groupe. D'emblée, il s'en prend aux aides aux « migrants » qu'il juge trop importantes, se défend d'être raciste, critique les « fainéants » et les « assistés ». Je lui demande s'il faut les laisser se noyer en Méditerranée, il répond oui... C''est le premier Gilet jaune que j'entends tenir des propos de ce type. Les autres sont un peu gênés. Jacques détourne la conversation sur les « grands patrons qui spéculent sur le travail ». Autrement dit, utilisent le chômage pour peser sur les salaires.

Jean-Pierre estime même que ce n'est pas 35 heures qu'il faudrait travailler, mais 25 ! Il critique également le syndicalisme : « J'étais à FO chez Tirole. On a fait grève et le syndicat a été convoqué à Paris. Ils sont revenus deux jours après, avaient grossi et nous ont dit de reprendre le travail... » Marcel dit avoir vécu la même mésaventure. Jacques conclut : » CGT et CFDT sont les mêmes, c'est pour ça qu'on ne veut pas de syndicats parmi les gilets jaunes... »

Comme en écho, à Dole, où 600 personnes ont défilé samedi 15 décembre, des adhérents de la CGT voulaient manifester avec leurs chasubles rouges, ont fâché tout rouge plusieurs Gilets jaunes qui ont accepté les cégétistes quand ceux-ci ont ôté leur tenue...

J'ai demandé à certains de mes interlocuteurs ce qui avait changé dans leur vie depuis qu'ils ont ont rejoint le mouvement, ce qu'ils ont appris. Jacques, Marcel et Jean-Louis évoquent, comme beaucoup, la presse, en qui ils ont peu confiance. Je me souviens aussi de la réponse spontanée d'Isabelle, samedi soir au rond-point de L'Etoile : « Il y a beaucoup de solidarité. On dit que les gens sont individualistes, mais ils sont vraiment solidaires... »