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Meurtres et Transjurassienne… le commissaire Morteau se les gèle à Mouthe !

chronique

Mercredi 4 décembre 2019 / Danièle Secrétant

Un polar neigeux, glacial, sportif, militant, gastronomique… Un polar comtois

LAMOURA

Combe du Lac

Dimanche 8 février, 8 h 00

Un vent glacial souffle sur les neiges rougies par le soleil ensanglanté qui se hisse péniblement au-dessus des cimes de la forêt du massacre. Bien avant l’aube déjà, des centaines d’hommes et de femmes grelottants ont envahi la combe du lac dans des tenues aux couleurs vives.

[…]

8 h 30.

Le coup de canon vient de retentir. Les premiers skieurs s’élancent derrière la motoneige qui ouvre la course. Le vainqueur franchira la ligne d’arrivée avant midi ; les derniers rejoindront Mouthe avec la tombée de la nuit. Il fait moins vingt-cinq degrés, mais déjà les corps se réchauffent, se tendent et filent vers la toute première difficulté de la course, la montée vers de chalet de la Frasse, au cœur de la forêt du Massacre…

 Le lundi 5 janvier, à 13 h50, un mois avant le départ d’une des plus grandes courses de ski de fond, un parcours de presque 70 kilomètres, nous retrouvons, à Besançon, le commissaire Bruno Morteau, franc-comtois de souche et son lieutenant Fabien Monceau.

”– Ça pèle, putain ! Mais qu’est-ce que ça pèle !

Emmitouflé dans un épais blouson comme s’il partait pour une expédition dans le Grand Nord, Fabien Monceau gémissait en regagnant le commissariat de Besançon après la pause déjeuner.

Sur le pont Battant, récemment élargi pour permettre le passage du tramway, la statue de Jouffroy d’Abbans regardait couler les lourdes eaux glacées du Doubs sur lesquelles le génial architecte naval avait fait naviguer le premier bateau à vapeur le l’histoire.

– Regardez-moi ces parisiens ! se moqua Bruno Morteau. Trois centimètres de neige et ils ont l’impression d’être en Sibérie.”

La pause déjeuner, ils l’ont certainement faite dans le bistrot-restaurant préféré du Commissaire, le Petit Mont d’Or, tenu par Geneviève Arguel. Un bistrot, en haut de la rue de La Madeleine, dans lequel les habitués se retrouvent, se moquent l’un de l’autre… Il y a le Chamois, un ancien facteur qui avait grimpé toutes les pentes bisontines, sur son vélo. Jauni, ressemble vaguement à Johnny Halliday. Rosé, prononciation hispano-franc comtoise de José est le fils d’un antifranquiste mort au combat sous les balles de la dictature. Sa mère a été ouvrière à la Rhodiacéta, l’usine en ruine au bord du Doubs. « Naturellement, par conviction et en mémoire du père de José, elle avait consacré sa vie à militer pour l’amélioration de la classe ouvrière. » Quant à Morteau, il est surnommé amicalement Le Phoque, un surnom qu’il déteste.

Geneviève sait vous cuisiner une saucisse de Morteau, ou des escalopes pontissaliennes, " des escalopes panées maison dans lesquelles on a glissé une tranche de jambon fumé et des lamelles de comté. Je les fais cuire doucement et je déglace au vin jaune ", inégalables.

Inégalables ? La nouvelle enquête de Morteau va le conduire vers une autre femme dont il va apprécier les charmes et la cuisine. Une nouvelle histoire d’amour qui le consolerait enfin du départ de sa femme ?

                                     

                                                          Tempête sur le Jura. André Roz, 1935

 Si Sébastien Lepetit, historien dans l’âme, jalonne ses récits de références historiques (Merde à Vauban) et culturelles (L’origine du crime, Deux enterrements à Ornans), le commissaire Morteau, vieux flic à l’ancienne et alcoolique, jalonne ses enquêtes de dégustations de vins du Jura de préférence, et de repas gastronomiques locaux. Dans ce roman de neige, de glace et de sang, il explore le milieu de ski de fond de compétition. Ses hauts-lieux, ses personnages, petits et grands… Les principaux protagonistes se connaissent tous, ou presque. Ils ont participé aux mêmes courses. La Transjurassienne est la plus belle course française, mais d’autres compétitions font et défont des réputations. La Marcialonga, par exemple :

" C’est une des courses de la Worldloppet, comme la Transjurassienne, mais en Italie. C’était fin janvier, il y a un peu plus d’une semaine.

– Qu’est-ce que vous appelez la Worldloppet ? s’enquit Manceau.

– C’est le nom que l’on donne à la fédération qui regroupe les courses de ski de fond sur longue distance partout dans le monde. C’est un nom qui vient de la plus célèbre, la plus ancienne et la plus longue avec ses quatre-vingt-dix kilomètres, la Vasaloppet, en Suède."

                                                      

                                                          Les skieurs. Robert Fernier, 1939

LES ROUSSES

Montée de l’Opticien

Dimanche 8 février, 9 h 30

Prémanon, le Bief de la Chaille, et des bosses, des descentes à n’en plus finir. Le vent glacial souffle et balaie la neige en tempête. Des vagues de cristaux piquants s’élèvent comme des nuages de brume et engloutissent les arbres, font disparaitre la piste, puis tourbillonnent, pénètrent dans le cou, dans le nez, dans la bouche. Le froid brûle les poumons. Les têtes rentrent dans les épaules, et les corps se penchent. Combien des skieurs partis ce matin renonceront ils à rejoindre Mouthe à cause de ce vent que l’on croirait venu tout droit du Pôle Nord ? Mais ici, à la tête de la course, personne ne l’envisage.

[…]

Les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Ils applaudissent, ils encouragent les skieurs par leurs prénoms inscrits sur les dossards, ils font sonner les clarines, ces cloches à vaches que l’on fond depuis des générations à Labergement-Sainte-Marie, quelques kilomètres après Mouthe. Elles sont devenues le symbole de la course. Tout le monde a sa clarine et la fait sonner avec force pour mieux se réchauffer.

Un virage et c’est l’ascension, le mythe de la Transjurassienne : la montée de l’Opticien ! On n’est plus au cœur du village des Rousses. On est à l’Alpe d’Huez ! On est au Tourmalet ! On est à la Planche des Belles Filles !

Avant ce début de course, nous sommes toujours à Besançon, où Morteau et Monceau viennent de rentrer dans le commissariat de police. Un collègue annonce à Morteau qu’un certain Michel Pupillin tient à lui parler de toute urgence. Michel Pupillin ? Est-ce ce garçon âgé d’une bonne dizaine d’années de moins que lui et qui habitait à La Pesse ? Morteau n’en garde pas un souvenir éblouissant ! Après avoir hésité, il lui téléphone quand même. Pupillin est maintenant président de Comité d’organisation de la Transjurassienne. Il a reçu des menaces téléphoniques qu’il prend très au sérieux. Appels masqués, voix non identifiable, on le prévient : cette année, pendant la Transjurassienne, il y aura du sang sur la neige. Bien que le lieu d’un éventuel drame soit en zone gendarmerie, Morteau accepte de se rendre aux Rousses, en compagnie de Monceau qui râle un peu, déçu de ne pas enquêter dans une station connue des Alpes.

" – Au lieu de cela, il se retrouvait dans une station paumée du Jura, flanqué d’un vieux commissaire à moitié alcoolique, pour surveiller une compétition de ski de fond. Ça, c’était le comble !

À ses yeux, le ski de fond était une sorte de sport qui se pratiquait comme du vrai ski, mais à plat. Côté sensations, c’était un peu la maison de retraite. "

Vraiment, Monceau ?

MONTÉE DU RISOUX

Chalet des Ministres

Dimanche 8 février, 10 h 25

Il n’y a plus de peloton, presque plus de groupes. C’est chacun pour soi, et la montagne pour tous. De longues grappes de skieurs ahanent en file indienne. Certains dépassent, d’autres décrochent. Cette montée n’en finit pas. Les virages s’enchaînent, une fois à droite, une fois à gauche, et l’on dirait qu’à chaque fois que l’on tourne, la reprise en encore plus raide, encore plus dure.

[…]

Qui voit les Ministres verra Mouthe, affirme le proverbe jurassien. Pour le moment, point de Ministres, mais des ânes de bât portant le fardeau de leur propre poids. Les skis sont écartés comme les aiguilles d’une horloge comtoise dont le balancier serait le corps des forçats, oscillant au rythme des bâtons qui se plantent au bord de la piste. Le souffle est court, l’air glacial brûle les poumons et la lumière peine à pénétrer entre les aiguilles des pins et des épicéas enchâssés dans leurs fourreaux de neige gelée. 

Avant le début de la course mythique, un mort

L’enquête sur les appels téléphoniques n’a rien donné. Morteau, stimulé par sa rencontre avec sa belle hôtelière, apprend enfin à utiliser son smartphone et même à envoyer et à lire des SMS. Monceau retrouve une ancienne connaissance… Le séjour, en réalité s’avère agréable jusqu’au moment où, affolé, Pupillin téléphone. Un skieur qui s’entrainait vient d’être retrouvé mort, dans la montée du Risoux. On lui a tiré dessus. Ce qui est surprenant, c’est que l’auteur des coups de fusil a laissé un nombre d’indices et de traces qui devraient favoriser un rapide dénouement de l’affaire. Il faut aussi passer des arrangements avec le capitaine Martigna, officier de gendarmerie, qui devrait être en charge de l’enquête.

Les coupables possibles se multiplient. Morteau et Monceau enquêtent. Le vieux flics et le jeune flic ne sont pas toujours d'accord. Un peu plus tard, Morteau reconstitue le scénario, qui a conduit à un coupable tout désigné. Trop désigné ? S’il met en garde à vue Anthony Beaufort chez qui on a retrouvé le fusil qui a servi à tuer, il garde des doutes sur sa culpabilité.

" Morteau tournait autour de l’épicéa qui avait servi d’abri au meurtrier. À cinquante mètres de là, au milieu de la clairière du chalet des Ministres, il pouvait apercevoir la forme allongée de la dépouille mortelle de Julien Doucier. Le commissaire revoyait la scène comme s’il y avait assisté. L’assassin était venu en skis depuis Bois-d’Amont par un sentier balisé en hiver et non damé, avait gravi près de deux cent mètres de dénivelé, et s’était couché ici, au pied de cet arbre, où il avait attendu que Doucier arrive. Calmement, il l’avait calé dans son viseur, puis avait tiré trois balles, la première alors que le skieur était encore debout, les deux suivantes après qu’il s’était effondré. Les trois balles avaient parfaitement atteint leur cible.

Alors, l’assassin s’était relevé sans prendre la peine de ramasser les douilles, avait remisé son arme, probablement dans son sac à dos pour ne pas se faire repérer, et était redescendu vers Bois-d’Amont. Là, il était allé remettre la carabine à sa place, dans la maison d’Anthony Beaufort. Puis il était reparti sur les pistes, comme si de rien n’était. Morteau voyait chacun des gestes du meurtrier avec une précision étonnante, mais son visage demeurait flou. Les lunettes et les jeux d’ombre le masquaient d’un point d’interrogation très sombre. La scène recommençait sans cesse."

Pourquoi avoir tué Doucier ?

Plus ils avancent dans leur enquête, plus les pistes se multiplient pour expliquer les raisons du meurtre. Affaire de cœur ? Affaire de sexe ? Rivalité sportive ? Affaire de dopage ?

"– Disons que tout le monde sait que Doucier et Montaigu se sont pris la tête en Italie. Il paraît qu’ils ont même failli se foutre sur la gueule. Mais ce qui est sûr, c’est que Doucier a menacé Montaigu, et il a juré devant tous que si l’Italien était sur la ligne de départ à Lamoura, il prouverait qu’il était chargé.

– Cela confirme simplement ce que nous a dit Mickaël Thoirette. Les témoignages concordent.

– Ouais ! Mais j’en ai appris un peu plus. Je sais maintenant qui sont Edgar Alan Poe et sa cousine Célestine…

– Une histoire de Corbeau ? (Pour ceux qui ne connaitraient pas Edgar Alan Poe, Sébastien Lepetit fait des notes de bas de page pour indiquer que l’écrivain a écrit un poème célèbre, Le Corbeau, et qu’il est l’auteur des recueils Histoires extraordinaires et Nouvelles histoires extraordinaires.)

Monceau regarda son chef de travers, sans comprendre l’allusion bien trop ancienne pour lui.

– Euh non ! Juste de dopage. Edgar Alan Poe, c’est le surnom de l’E.P.O chez les sportifs. Et sa cousine, c’est la poussière de la mère Célestine. C’est un truc qui masque l’E.P.O dans les urines. Il suffit de s’en mettre un peu sur la… enfin, vous en mettez dedans au moment du prélèvement, et c’est magique : plus aucune trace."

Fausse piste ! Alors qu’il vient d’être innocenté par le témoignage d’une femme, l’épouse de Pupillin prétendant être sa maitresse, le malheureux Beaufort est assassiné devant la gendarmerie. Mélanie Montfleur, veuve de Julien Doucier et ex compagne de Mickaël Thoirette,(un coupable possible) vient de tirer, vient de se venger.

En marge de l’enquête

Ce Passant, peint par Robert Fernier en 1932, pourrait-être Morteau marchant dans la neige. Même allure, même chapeau...

Bruno Morteau est en passe de tomber amoureux de la belle patronne de l’hôtel dans lequel il loge, aux Rousses. Avec lui, il a amené Flocon, l’ours en peluche que lui a donné sa fille Sarah, lorsque sa femme Catherine l’a quitté. Un ours avec qui il fait un duo de ventriloque.

" L’ours était devenu la mauvaise conscience du policier.

Alors, ajouta-t-il avec la voix de Flocon, ale te plait la nhôthelière, hein ?

– Ne soit pas ridicule ! Tu m’as vu ? Et tu l’as regardée ? Pour qu’une femme s’intéresse à un homme comme moi, il faudrait qu’elle ait bu.

Ben oui, mon poteuh ! Mais n’empêche qu’ale te plaît !"

Échanges de SMS, dîners en tête à tête, commentaires goguenards de Monceau qui trouve que son patron tarde à concrétiser… Morteau est de plus en plus ferré. Mais début février, plus rien !

" Le téléphone restait désespérément muet. À plusieurs reprises, Bruno Morteau s’était arrêté au bord de la route pour le consulter, mais il n’y avait aucun message. Il était même remonté dans l’historique pour relire tous les échanges depuis une semaine. Combien y en avait-il ? Il était impossible de les compter tant il y en avait eu.

[…]

Avait-il dit ou écrit quelque chose qui soit susceptible de l’avoir vexée ou effrayée ? Était-elle fâchée ?

[…]

Et des vers de Baudelaire revenaient, entêtants.

Un éclair… puis la nuit !  Fugitive beauté/ Dont le regard m’a fait soudainement renaître, /Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?/ Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !/ Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,/ Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !"

La romance se termine mal. Corneille s'associe au désespoir de Morteau qui, l’enquête terminée et brillamment résolue, retourne à ses vieux démons : détestation de soi et alcool.

" Je veux qu’un noir chagrin à pas lents me consume, /Qu’il me fasse à longs traits goûter son amertume ;/Je veux, sans que la mort ose me secourir,/ toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir. "

En marge de l’enquête toujours, Morteau rend visite à son père à La Pesse. Pierre Morteau, un solide montagnard de 80 ans arpente encore ses montagnes en raquettes. Il n’a rien perdu de son passé de résistant, de militant attaché à la cause ouvrière… Son constat sur l’époque est sans appel :

" Je ne plaisante pas, Bruno. Je suis vraiment inquiet. La guerre arrive, je la sens. Je n’aurais pas dit ça comme ça il y a encore quelques années, mais aujourd’hui, elle est là, à notre porte. Elle rôde. […] Ma génération a connu la guerre, mais pas les jeunes. Tout est là. Il suffit de sentir l’atmosphère. On se croirait dans les années trente. Les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches. Le pays n’a jamais été aussi riche et pourtant on a des millions de chômeurs qui se taisent et acceptent leur sort. Les riches se gavent comme jamais sur le dos de tout le monde, et ils ont réussi à faire croire aux gens de la rue que leurs problèmes viennent des plus pauvres qu’eux qui touchent trop d’aide et des émigrés qui fuient la guerre et la pauvreté. L’ennemi, c’est le pauvre, d’ici ou d’ailleurs. Combien de temps cela va-t-il durer.

– Ça fait des années que tu me dis la même chose, Papa. Le peuple opprimé va se révolter… On court à la révolution…

– Mais aujourd’hui, c’est différent. Les riches sont si sûrs d’eux qu’ils jouent avec le feu pour faire encore plus d’argent."

                                      

                                                          Hiver dans le Jura. Robert Fernier, 1960

MOUTHE

La ligne d’arrivée

Dimanche 8 février, 11 h 20.

Qui parlait de douleur ? Qui parlait de froid ?

Les skis ne glissent plus, ils volent.

Bien sûr, le vent s’est engouffré comme d’habitude dans ce long couloir entre la Suisse et la France. […] Évidemment la bise humide est devenue glaciale et mordante en léchant les pentes enneigées du mythique Mont d’Or. Sans ce blizzard, Mouthe ne serait plus la petite Sibérie que tous les météorologues aiment à citer les jours de grand froid.

Mais à cet instant précis, dans cette dernière ligne droite, après bientôt soixante-seize kilomètres d’effort surhumain, il n’y a plus de vent, plus de froid, plus de fatigue. Il n’y a que ce long faux-plat qui descend doucement depuis Chaux-Neuve, il n’y a que les cris d’encouragement, les cloches qui sonnent et résonnent dans toute la vallée. Le vacarme est immense. La foule est de plus en plus dense. Les athlètes martèlent mécaniquement le sol de leurs bâtons selon ce mouvement perpétuel qui les meut depuis Lamoura. […]

Le podium est là, à quelques longueurs de ski. Encore un effort ! Il faut pousser sur les bâtons, pousser sur les jambes, pousser dans la tête, pousser, pousser, pousser… pousser

Et se jeter en avant sur la ligne !

Et hurler de joie… ou pleurer…

Un meurtre machiavélique, un meurtre génial, un meurtre très intelligent

Morteau n’est pas si embrumé que cela par l’alcool. Son échec amoureux ne lui a pas fait perdre sa perspicacité de flic. Il a beau travailler à l’ancienne, ce que lui reproche souvent son jeune collègue Marceau, il a trouvé le coupable. Il a démonté tous les mécanismes, aussi complexes qu’un mécanisme horloger, soigneusement assemblés par l’assassin. Il en rend compte à la juge d’instruction, une femme avec qui il entretient de rapports (professionnels) compliqués, souvent conflictuels.

" – C’est machiavélique ! murmura Nathalie Huanne-Montmartin.

– C’est génial ! s’enthousiasma Monceau.

– C’est très intelligent, confirma Morteau."

                                           

                                                                   Hiver aux Rousses, Robert Fernier, 1939