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Mineurs étrangers dans le Doubs : une cinquantaine de manifestants pour le respect du droit

compte-rendu

Mercredi 21 novembre 2018 / Toufik-de-Planoise

Fin octobre, le conseil départemental avait refusé d’assister les mineurs étrangers isolés dans l’attente de résultats d’évaluation déterminant leur situation et ce en dépit de la loi, avant de faire marche arrière suite à des réclamations et pétitions.

Photos Maxime Lamboley

Ils étaient une bonne cinquantaine rassemblés mardi 20 novembre en soirée, place Pasteur à Besançon, dans le cadre de la journée internationale des Droits de l’Enfant. Outre les communiqués et éléments d’informations bien fournis sur la table, le petit stand fourmillait aussi de nombreuses petites affichettes poignantes comme pour mieux crier au monde des maux parfois inaudibles.

Car à l’appel du collectif « Veille Information Jeunes Isolés Étrangers » (VIJIE), travailleurs sociaux, enseignants, membres d’associations, syndicalistes, militants politiques, souhaitaient tous se retrouver et sensibiliser sur la question spécifique des mineurs étrangers dans le département. Quentin, intervenant et très impliqué, prend la parole. Il exprime longuement son désarroi, notamment par rapport aux pouvoirs publics « qui se défilent devant leurs obligations. »

« Lorsque les plus faibles sont ciblés,
nous y perdons tous »

Fin octobre, le conseil départemental du Doubs avait en effet refusé d’assister les mineurs étrangers isolés dans l’attente de résultats d’évaluation déterminant leur situation et ce en dépit de la loi, avant de faire marche arrière suite à des réclamations et pétitions. Tous gardent également en mémoire l’évacuation récente du campement d’Arènes, cette fois sous la houlette du Préfet. C’est le cas d’Odeline, de l’association SolMiRé (Solidarité Migrants-Réfugiés), qui s’exprime en ce sens.

Méthodes d’évaluation de la minorité jugée non-fiables, détérioration de la qualité d’accompagnement durant le parcours, raréfaction des contrats jeunes majeurs après dix-huit ans, sont autant d’éléments qui choquent. Pascal, historique de la CGT. et éducateur à l’ADDSEA1, enfonce le clou. D’une manière générale, c’est toute la politique de protection de l’enfance qui s’affaisserait : « comme dans le monde du travail, on commence par s’attaquer aux plus précaires, les intérimaires, puis c’est tout le monde qui trinque, lorsque les plus faibles sont ciblés nous y perdons tous. »

Ben, adhérant au NPA, abonde en ce sens en aparté. « Il était important d’être présent. Pour marquer le coup, bien sûr, et dénoncer un véritable racisme d’État. Les décisionnaires doivent comprendre qu’on ne peut laisser passer de telles choses. » En maintenant cette manifestation, fixée avant le revirement du Département, le collectif entendait maintenir la pression pour espérer obtenir ce résultat. C’est désormais chose faite. Mais loin d’être satisfaits et démobilisés, les individus et groupes présents souhaitent continuer à défendre cette cause. « Car il reste bien du boulot pour qu’un gosse ne soit plus considéré comme un chiffre ou une nuit d’hôtel » rappelle Quentin, déterminé.

  • 1. Association Départementale du Doubs de Sauvegarde de l'Enfant à l'Adulte