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« Une part d’ombre » : faites entrer l’accusé

entretien

Mercredi 22 mai 2019 / Patrick Tardit

« Le mensonge est le moteur de l’implosion du lien social (…) Le plus important pour moi, c’est le procès social », confie le réalisateur belge Samuel Tilman, qui a tourné dans les Vosges une partie de ce polar psychologique.

Le doute et la suspicion vont peser sur un homme, dont on ne sait s’il est innocent… « Il a souvent l’air coupable, je voulais en faire un personnage ambigu, complexe », dit le réalisateur du personnage principal joué par Fabrizio Rongione

Tout au long du récit, il restera volontairement « Une part d’ombre » dans le film de Samuel Tilman (sortie le 22 mai). Dans un chemin menant à une forêt vosgienne, le cadavre d’une femme est retrouvé au pied d’un pont. Tout près de là, une joyeuse bande d’amis a passé quelques jours de vacances. L’un d’eux, David joué par Fabrizio Rongione (souvent vu dans les films des frères Dardenne), avait parlé brièvement avec la victime alors qu’il était parti courir dans les bois ; elle cherchait sa route, il l’avait renseigné.

D’abord entendu comme témoin par la police, il est ensuite soupçonné, interrogé, arrêté. Bon père, bon prof, il clame son innocence, mais même sa propre épouse (interprétée par Natacha Régnier ) commence à perdre confiance lorsqu’elle apprend que son mari avait une liaison cachée. Ce mensonge sème également le trouble dans le cercle de copains, parmi les collègues. David est alors suspect, forcément suspect, faites entrer l’accusé. A l’exception de son meilleur ami, qui l’aide à mener l’enquête, tout le monde le fuit, même son pote avocat a des doutes.

Sélectionné l’an dernier au Festival de Beaune (Prix Spécial Police), ce polar psychologique a également été présenté cette année aux Rencontres du Cinéma de Gérardmer. L’occasion pour le cinéaste belge de revenir sur les lieux du crime, puisque c’est dans les Vosges qu’il a tourné une partie de son film. « Je voulais trouver un endroit sauvage », confie Samuel Tilman ; il l’a trouvé au Lac Vert, « un paysage majestueux », dit-il. « D’abord c’est la montagne. Les Vosges c’est devenu une évidence, je connaissais les Vosges d’hiver, il y a cette forêt, que je voulais filmer en automne, c’était exactement ce que je recherchais », assure le cinéaste.