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La petite fille, le peintre, et les marguerites

rencontre

Jeudi 4 juillet 2019 / Danièle Secrétant

Lors de l'exposition de ses tableaux à la Galerie de l'Ancienne Poste, à Besançon, le peintre paysager biélorusse Vladimir Anishchenko, a surpris le regard émerveillé d'une petite fille devant le tableau d'un champ de marguerites. Il a décidé de lui en peindre un, pour elle seule. Il le lui a offert. Vladimir Anishchenko exopse jusqu'au 31 août dans l'atelier de Gustave à Ornans.

Adélie, dix ans, est restée bouche-bée devant ce tableau de Vladimir Anishchenko.
Adélie, devant la tableau exposé lors de l'exposition de Vladimir Anishchenko, à La Galerie de l'Ancienne Poste, à Besançon.

La petite fille se prénomme Adélie, le peintre, c’est Vladimir Anishchenko, les marguerites ont fait l’objet d’un tableau, et le sujet d’une belle histoire.

Lorsque Vladimir Anishchenko, un peintre paysager biélorusse a fait sa première exposition à La Galerie de l’Ancienne Poste, à Besançon, une petite fille accompagnée de sa maman est venue voir ses tableaux.

Adélie aura bientôt dix ans. Elle est vive, souriante, bonne élève…

Elle s’intéresse à l’art, aime la musique, la danse et la peinture. Elle adore dessiner, des papillons tout particulièrement, mais aussi des arcs-en-ciel, des cœurs, elle s’est même essayée à dessiner des personnages.

Dessiner des personnages, Adélie reconnait que c’est difficile. Elle donc participé à des ateliers au musée des Beaux-Arts, afin de perfectionner sa technique.

Adélie a de qui tenir. Sa grand-mère maternelle peint et expose en Corrèze. De l’art abstrait, ce qui n’est pas la forme picturale préférée de la petite fille.

Lorsqu’elle est venue voir l’exposition de Vladimir Anishchenko, un tableau particulier, un peu à l’écart des autres a retenu son attention. Il s’agissait du tableau d'un champ de marguerites.

Vladimir, lui, peignait dans la salle d’exposition. Grâce à son regard acéré de peintre, il ne perdait rien de ce qui se passait autour de lui. Qui s’arrêtait devant telle ou telle œuvre, qui s’en éloignait rapidement pour se fixer sur un autre paysage…

Il a eu vite fait de repérer la petite fille, bouche-bée devant les marguerites.

Curieux de savoir ce qui la retenait là, il s’est dirigé vers elle.

Grâce à Tania, qui a assuré la traduction, la petite fille et le peintre ont pu se parler.

Adélie a expliqué qu’elle avait eu envie d’entrer dans le tableau, de se rouler dans l’herbe, que le tableau était beau et réaliste comme une photo. Pour elle, ce tableau donnait une image de la perfection.

Il se trouve que ce champ de marguerites est un champ en Biélorussie, dont Natalia, l’épouse de Vladimir garde la nostalgie.

S’il s’est mis à peindre des paysages de notre région, à la hauteur de peintres comme Émile Isenbart où Marcel Ordinaire, pour ne citer que ces deux peintres comtois majeurs, Vladimir Anishchenko n’en oublie pas pour autant sa Biélorussie natale.

 Il est heureux pour nous que ce peintre talentueux ait élu domicile dans notre pays, dans notre région, dont il magnifie les beautés.

Vladimir Anishchenko n’est pas que peintre. C'est un homme de cœur. Il a exercé sa sensibilité d’artiste au service d’une petite fille de dix ans, en lui offrant un joli cadeau.

Ému par le regard puissant qu’a posé Adélie sur son tableau, touché par sa sincérité," la sincérité de l’enfance", dit-il, Vladimir lui a peint un tableau, dans le secret de son atelier. Pour elle seule.

Il savait qu’il la retrouverait, avec sa maman, au vernissage de l’inauguration de la sculpture qu’a faite, à Ornans, Gustave Laffont. Il s’agit d’une gigantesque interprétation du fameux Enterrement à Ornans. Factuel s’en fera l’écho prochainement, et Vladimir Anishchenko expose pendant près de deux mois, dans l’Atelier de Gustave, à Ornans.

Adélie se trouvait à proximité de la sculpture. Vladimir s’est approché d’elle, un sac bleu dans la main, la petite fille se souvient encore de la couleur du sac.

Il a donné le sac à Adélie, qui l’a vivement ouvert.

Dans le sac, un petit tableau avec des marguerites et… un gendarme. Pas un gendarme en uniforme, bien entendu. Un insecte, en clin d’œil aux papillons qu’Adélie aime peindre.

N’étant pas certain d’arriver à rendre la perfection des peintures de papillons d’Adélie, Vladimir a prudemment choisi de peindre un gendarme.

Adélie a posé le tableau sur son bureau, dans sa chambre. Elle le trouve magnifique. Tous les matins, avant de partir à l’école ou pour d’autres activités, elle le regarde.

Parfois, l’art est une sorte de magie. Ici, au détour d’une toile, le regard d’Adélie a permis à une belle histoire d’exister, et d’être racontée.