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Ruptures bisontines

éditorial

Mardi 25 mars 2014 / Daniel Bordür

Frank Monneur a annoncé vouloir discuter avec Jean-Louis Fousseret et Jacques Grosperrin d'une éventuelle fusion en vue du second tour de l'élection municipale de Besançon. Pour le maire sortant, le fait même que son ancien conseiller délégué aux musiques actuelles ait discuté avec le candidat de droite, est une bonne raison de lui fermer la porte. Une autre est la rupture humaine entre les deux hommes. Quant au Front de gauche, en réclamant six places éligibles et la constitution d'un groupe autonome dans une éventuelle fusion, ce qui correspondrait, dit-il, à sa représentation proportionnelle, il a lui-même donné les arguments d'un refus de Jean-Louis Fousseret. La rupture est politique.

Ceci étant, le maire sortant a fait ses comptes. Le premier tour l'a placé en position de force. Le total des voix de gauche, extrême gauche comprise, frôle 52%. Le total des voix de droite et du centre n'atteint pas 37%. Certes, Jean-Louis Fousseret sait bien que les reports ne se feront pas en totalité, mais il a de la marge et sait pouvoir compter sur la traditionnelle « discipline républicaine » de nombreux électeurs de listes de gauche non socialistes. Il est aussi persuadé qu'il bénéficiera d'une bonne part des voix des électeurs de Jean-François Humbert. Enfin, il l'a vite analysé : son adversaire Jacques Grosperrin n'a « pas de réserve de voix », d'autant que le maintien du FN enlève quasiment tout suspens.

Comme on voit mal comment un troisième mandat pourrait échapper à Jean-Louis Fousseret, l'enjeu du second tour, pour sa liste qui fleure bon la gauche plurielle, c'est de franchir les 50% au second tour. Cela paraît à sa portée, mais rien n'est sûr.

Restent les ruptures. Celle avec Frank Monneur et Didier Gendraud qui étaient dans la majorité sortante, est humaine, relationnelle. Certains pensent qu'elle repose sur des ambitions contrariées. Monneur ayant annoncé voter blanc, elle paraît durable.

Celle avec le Front de gauche est double. D'abord interne avec la division dès le premier tour, les communistes décidant de s'allier avec le PS, ce qui laissera forcément des traces. Ensuite plus globale et nationale : la rupture avec le social-libéralisme hollandais. Elle porte aussi sur des principes : les colistiers de Girod étaient-ils naïfs en demandant une présence « proportionnelle » et dégagée de solidarité majoritaire sur la liste Fousseret ? Croient-ils vraiment à la pertinence de l'argument selon lequel leur présence aurait permis de faire élire moins de conseillers municipaux de droite et d'extrême droite ? 

Les ruptures sont aussi à droite. D'abord celle de l'union dès le premier tour et d'une campagne non bâclée comme on l'avait vu par le passé. Et puis, peut-être, c'est à espérer au vu de la liste, avec un certain amateurisme dans la magistère de l'opposition municipale.