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Sébastien Hernandez : « N’ayez pas de rancœur et pardonnez-leur... »

revue du web

Mardi 21 février 2017 / La rédaction

« Je souhaite faire connaître au plus grand nombre l’acharnement dont mon cas fait particulièrement l’objet alors que je n’ai jamais commis la moindre violence physique ou verbale en 10 ans de militantisme et que mon casier judiciaire était parfaitement vierge il y a ne serait-ce qu’1 an. »

Ainsi commence long « communiqué » de Sébastien Hernandez, l'un des 19 gardés à vue après l'action du 14 février visant à empêcher le conseil d'administration de l'université de Franche-Comté. Publié sur Facebook, ce texte présente sa version de l'événement et surtout en propose une analyse qui ne manque pas de pertinence. Confessant des convictions anarchistes qui, estime-t-il, lui valent une bonne part du traitement subi, il dit à la fois son courroux à l'égard des institutions et son pardon envers les personnes.

Réfutant avoir commis toute violence, il annonce qu'il ne portera pas plainte contre ceux qu'il présente comme des agresseurs, policiers comme administrateurs, car il ne « ne souhaite à personne d’être jugé par une justice qui approuve l’emprisonnement ». Criant son amour des études, entreprises à 24 ans après 8 ans de vie professionnelle, il a ce cri du cœur pour l'université : « La formation universitaire a changé ma vie, elle m’a permis de m’extraire de ma condition sociale, l’accès pour tous aux études supérieures est donc pour moi quelque chose de particulièrement important à sauvegarder. »

Ce texte radical et sincère, personnel et politique, aux accents parfois insurrectionnels, dont certains passages sonnent très juste, est celui d'un combattant d'une « lutte des classes » où il a choisi son camp, celui de l'émancipation. Mais sa conception de l'humain lui fait aussi adopter une attitude qui en étonnera plus d'un : « J’ai entendu certains de mes camarades dire qu’ils ne pardonneront jamais à l’Administration le sort qui leur a été réservé, je leur dis : n’ayez pas de rancœur et pardonnez-leur, ils sont aliénés. » Ou encore cette profession de foi pacifiste et quasi messianique : « Il est de la responsabilité de tous les scientifiques de penser et mettre en œuvre une vie collective libératrice et paisible. »

On apprend aussi qu'il a refusé de voir prélevé son ADN et qu'il doit comparaître devant le tribunal le 31 mai après un précédent blocage, à 200 personnes, du CA le 22 novembre 2016.

A lire ici.