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Universités de Franche-Comté et de Bourgogne : fusionnées avant rétropédalage

controverse

Mardi 26 mars 2013 / Roland Vasic

  

« Les universités doivent se rapprocher, mais il y a des mots à ne pas utiliser », dit Jean-Louis Fousseret qui n'est clairement « pas d'accord avec la fusion » entre les universités de Bourgogne et de Franche-Comté. C'est ce qui l'a amené à « intervenir assez vivement auprès du ministère de l'Enseignement supérieur » après une réunion entre la ministre Geneviève Fioraso et les présidents des deux régions, jeudi 21 mars à Dijon, au cours de laquelle la fusion a été décidée. C'est un communiqué du comité régional du PCF qui a relayé l'information après un communiqué de Jean-Pierre Chevènement, avant que ne s'opère un rétropédalage. « J'ai évoqué le problème avec Pierre Moscovici, nous sommes sur la même longueur d'ondes », ajoute le maire de Besançon. L'intervention du ministre de l'Économie auprès de sa collègue a fait le reste.

Les élus communistes constatent que « les socialistes locaux sont défavorables à la décision de fusion et que ça remue ». Sophie Zecchini, directrice de cabinet du président de l'Université de Franche-Comté se réfère à l'interview de Jacques Bahi qui disait à EducPros.fr le 13 mars, qu '« il est impossible de faire une fusion du jour au lendemain sans aller dans le mur… Nos personnels ne sont de toute façon pas prêts ni favorables à la fusion : ils ont simplement voté l'union de nos établissements… à moyen et long terme, d'ici une quinzaine d'années probablement, je souhaiterais qu'on aboutisse à une seule université de Bourgogne - Franche-Comté ». Mme Zecchini confirme le travail mené par les conseils d'administration dans le cadre du projet de loi adopté en Conseil des Ministres le 20 mars, le pouvoir décisionnaire des CA et « l'orientation vers une communauté d'universités » plutôt qu'une fusion, ou pire un rattachement.

Au cabinet de Marie-Guite Dufay, on confirme les échanges avec la ministre pour insister sur leur caractère « non décisionnaire mais d'explication de la politique du gouvernement en matière d'enseignement supérieur, la région n'étant pas elle-même décisionnaire ». Une lettre de la présidente de région en ce sens a été lue mardi en conseil d'administration de l'université de Franche-Comté. La volonté affirmée est la poursuite des travaux pour « aller au delà de l'étape du PRES qui n'existe plus dans le projet de loi, et de ne laisser personne au bord de la route en Franche-Comté et notamment pas l'Université de Technologie de Belfort Montbéliard et l'Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques à Besançon ».

Jean-Louis Fousseret ne dit pas autre chose et ajoute seulement qu'il faut maintenant « accélérer le rythme de la réflexion ».