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Vigiles à la fac de lettres de Besançon : les élus du conseil de gestion s'indignent

brève

Vendredi 4 mai 2018 / La rédaction

Le recours à des vigiles pour filtrer les entrées de la fac de lettres et sciences humaines de Besançon du 2 au 4 mai par le président de l'université de Franche-Comté a provoqué l'indignation du conseil de gestion de l'URF SLSH (Unité de Formation et de Recherche des Sciences du Langage de l’Homme et de la Société).

Dans un mail à l'ensemble de la communauté universitaire, la présidence a indiqué ce vendredi 4 mai le retour à la normale à partir du 7 mai, semaine comportant deux jours fériés... En voici la teneur : « A compter du lundi 07 mai prochain, l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) des Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS) de l’Université de Franche-Comté sera accessible pour l’ensemble du personnel et des étudiants.
En effet, suite à un risque annoncé de perturbations pendant les examens se tenant du 02 au 04 mai et afin de garantir le bon déroulement de ces derniers, l’Université avait pris un arrêté permettant un accès du site limité au personnel et aux étudiants inscrits pour composer. Ce dispositif sera levé la semaine prochaine.
Enfin, l’Université rappelle qu’elle reste ouverte au dialogue et à l’échange : des espaces de discussion ou de réunions sont toujours possibles au sein de ses locaux pour les étudiants et le personnel mais doivent s’inscrire dans le cadre du règlement intérieur de l’établissement.
L’Université compte sur la responsabilité de chacun pour que les prochains examens se déroulent dans un climat calme et serein. »

Vingt et un élus du conseil de gestion de l'UFR SLSH avaient adressé quelques minutes plus tôt cette motion à Jacques Bahi, le président de l'université :
« Monsieur le Président, Nous tenons à vous faire connaître notre effarement et notre indignation face à la décision, alors que d'autres solutions existent, de mobiliser les deniers publics pour faire appel à des vigiles d'une société de sécurité pour filtrer/bloquer l’entrée de l’UFR SLHS alors que nous sommes dans un contexte universitaire de précarité et que les méthodes et moyens mis en oeuvre amènent à réduire le  fonctionnement de notre faculté au seul déroulement des examens; tou.te.s les étudiant.e.s qui le souhaitent, surtout en période d'examen, doivent pouvoir accéder aux services et moyens à leur disposition.
Les personnels des scolarités et de l'administration sont réquisitionné.e.s, empêché.e.s de faire leur travail normal et placé.e.s dans la position inconfortable de devoir contrôler leurs collègues et étudiant.e.s.
Le travail des enseignant.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s pendant cette période ne se limite pas aux surveillances et les conséquences sont nombreuses quant au suivi des étudiant.e.s, à leurs travaux de recherche, etc.
Les étudiant.e.s ont besoin impérativement d’accéder à la bibliothèque et aux locaux, ils doivent terminer leurs dossiers, leurs mémoires.
Ces mesures comparables à un « couvre-feu » ne sont pas propices à créer une atmosphère calme et sereine, elles exacerbent au contraire les tensions et les sentiments d'incompréhension de tou.te.s. 
Nous exigeons la levée immédiate de ces mesures qui stigmatisent l'UFR SLHS. Nous vous demandons en outre de faire preuve de transparence en communiquant le coût de cette opération, alors que les besoins financiers de notre UFR sont criants. »