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Dormir dehors à 10 ans : le combat de quatre enseignants de Planoise

Mercredi 10 décembre 2014 / Daniel Bordür

C'est un fait comme il en arrive parfois aux oreilles des journalistes. Une institutrice s'indigne que la nouvelle élève de sa classe de l'école Champagne de Planoise, arrivée ce mardi matin même après un changement d'école, ait dormi dehors, avec sa famille. La petite fille a 10 ans et un frère de 12 ans.

« L'Éducation nationale veut être informée, mais rien ne se passe », dit l'enseignante au téléphone. Ses collègues appellent la députée Barbara Romagnan. Le journaliste contacte l'adjoint à l'éducation, Yves-Michel Dahoui. L'élu réagit vite, il ne veut pas que la situation se prolonge.

Après la classe, quatre enseignants attendent avec la famille. « On a dit à nos interlocuteurs qu'on ne quitterait pas l'école tant qu'il n'y aurait pas de solution ». Ils n'ont pas à attendre très longtemps. Un coup de fil annonce qu'une chambre est réservée dans un hôtel. Pour trois nuits. La mère comprend qu'une douche les attend, mime avec ses mains, en souriant, l'eau coulant sur les corps... 

Ah oui, elle mime la douche parce qu'elle ne parle pas français. Ils sont roms du Kosovo et sont arrivés en France en octobre. Pris en charge par la plate-forme d'accueil des demandeurs d'asile, ils sont en attente d'une réponse qui sera notamment fonction des questions que l'administration française doit adresser à leur pays... En attendant, ils doivent pointer une fois par mois à la préfecture. En attendant, les dispositifs d'accueil, saturés, ne leur ont pas trouvé de place. 

« On ne sait pas depuis quand ils dorment dehors », dit l'institutrice qui les a accompagnés à l'hôtel. Là, mauvaise surprise : les petits déjeuners qui étaient initialement prévus ont reçu un contre ordre... Les quelques euros que les enseignants avaient décidé de réunir pour avancer le prix d'une chambre d'hôtel en cas d'échec de leur démarche, vont servir à payer les petits déjeuners...

Et après les trois nuits ? On ne lâchera pas l'affaire, répond l'enseignante.

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La suite, positive, est racontée par France 3, ici.

Soumis par Daniel Bordür le 16 déc 2014 - 19:30.