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L'actualité du 9 au 16 novembre en Franche-Comté

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Lundi 16 novembre 2020 / La rédaction

Enquête sur les incidents lors du conseil d'agglo de Belfort, grève sanitaire, magasins coopératifs, inquiétude de la filière automobile, des vaches montbéliardes maltraitées au Maroc, deux projets pour une seule plateforme Amazon, grève des livreurs Deliveroo, une tribune pour éviter le piège de la division face à l'islamisme radical et l'extrême droite, réouverture de la chasse, consignes dans le Jura, etc.

Mots-clés: revue de presse

Revue de presse du 9 au 16 novembre

Le parquet de Belfort a ouvert une enquête après les incidents qui avaient émaillé l’ouverture du conseil d’agglomération du Grand Belfort le 15 octobre dernier. Des manifestants dénonçaient la suppression du COS, le Comité des Oeuvres Sociales, équivalent du Comité d’entreprise pour les agents de la collectivité à l’appel de l’intersyndicale CGT et CFDT. Plusieurs élus, dont Damien Meslot, avaient été bousculés. France Bleu rapporte que le préfet a signalé ces faits au procureur, qui a ouvert une enquête pour violences.

La grève sanitaire dans l’éducation du mardi 10 novembre a mobilisé, selon le rectorat, 10, 47% des enseignants du second degré et 5,39% dans le premier degré, un peu moins que la moyenne nationale relate France 3. Le protocole sanitaire dans les lycées avait été renforcé, avec davantage de cours à distance, et les enseignants souhaiteraient que les collèges bénéficient également des mesures. Le ministère annonce l’arrivée de tests antigéniques dans les établissements scolaires.

L’épicerie collaborative « T’as meilleur temps ! » vient d’ouvrir ses portes à Besançon. Cet article de la Presse du Doubs précise qu’il s’agit d’un magasin à but non lucratif, qui privilégie les produits issus de l’agriculture biologique ou raisonnée et les produits locaux, dans lequel les clients deviennent des coopérateurs. C’est le deuxième magasin de ce type à ouvrir en Franche-Comté, après La Cambuse de Lons-le-Saunier, dont une présentation est faite sur ce blog de Factuel.

Face à la baisse de la vente de véhicules neufs estimée à 30% en 2020, soit 500.000 véhicules de moins qu’en 2019, et un retour au niveau de 1975 selon le Conseil des professions de l’automobile relayé par France Bleu, la filière réclame la réouverture des concessions selon un dispositif sanitaire renforcé. Le secteur de l’automobile est très important en Bourgogne-Franche-Comté avec 45.000 salariés hors intérim, soit un tiers de l’emploi industriel de la région, dont la moitié se situe dans le Nord Franche-Comté.

Animal’s Angel, Animals International et Welfarm ont diffusé plusieurs vidéos pour dénoncer des maltraitances infligées à des animaux français exportés en Afrique du Nord. L’une de ces vidéos, datée de décembre 2019 et qui se déroule près de Rabat au Maroc, montre des vaches montbéliardes aux pattes entravées, une génisse qui saigne du museau, attaché avec une corde à une bétaillère, les yeux bandés par un sac. Un veau apparait aussi avec un sceau pour l’empêcher de téter sa mère. Aucune loi ne protège les animaux au Maroc », explique l’auteure des images à l’Est Républicain.

Selon Bastien Faudot, conseiller départemental dans le Territoire de Belfort, il ne fait aucun doute que c’est Amazon qui s’installera à l’Aéroparc de Fontaine. Damien Meslot, président du Grand Belfort, a annoncé deux projets de plateformes, mais pour l’élu d’opposition, il s’agit d’un seul projet selon Le Trois. Bastien Faudot a récupéré les plans des deux plateformes, qui proviennent du même fichier mais si deux cabinets d’architectes travaillent dessus. Ils correspondent en outre à d’autres entrepôts de stockage d’Amazon. Bastien Faudot réclame un débat public et dénonce le fait qu’en scindant le projet en deux, « la partie qui génère le plus de nuisances échappe à l’enquête publique ».

Dans les blogs de Factuel :

Le programme de la journée des Droits de l’enfant en Franche-Comté, par Unicef

La grève des livreurs Deliveroo à Besançon, par Gaby Viennet

Une indemnité exceptionnelle pour les étudiants infirmiers versée par l’ARS et le Conseil régional

Les syndicalistes de General Electric menacent d’une nouvelle plainte l’État français pour le contraindre à respecter ses accords, par l’intersyndicale

Une tribune pour ne pas tomber dans le piège de la division face à l’islamisme radical et l’extrême droite

Le communiqué de EELV Franche-Comté suite à la réouverture de la chasse, celui de Lucie Forêt et enfin le communiqué de la préfecture du Doubs sur le sujet

La tribune de Alternatiba Besançon et Zéro déchet suite à l’ouverture d’un KFC

Un billet de Lucie Forêt sur les arnaques aux bons sentiments écologistes

Des nouvelles de la filière de consignes dans le Jura avec « J’aime mes bouteilles »

Une analyse sur les effets pervers d’une stratégie politique inadéquate face au terrorisme, par Gérard Jussiaux

Le plan de relance du gouvernement et de soutien aux entreprises, présenté par la préfecture de Haute-Saône et aussi les aides destinées aux sous-traitants automobiles, par la préfecture de région

Le bilan d’une semaine de reconfinement qualifié de fiasco total par l’intersyndicale de Franche-Comté

Des agriculteurs manifestent dans le Jura pour défendre un casse-cailloux

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Mercredi 1 juillet 2020 / La rédaction

Mots-clés: casse-cailloux

A l'appel de la FDSEA et de la Coordination rurale du Jura, 130 agriculteurs se sont rassemblés lundi 29 juin à La Marre, sur le premier plateau, pour empêcher la pose de scellés sur un casse-cailloux d'une coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA), décidée par le parquet et que devait mettre en oeuvre l'Office français de la biodiversité. Ils entendaient protester contre « l'idéologie » de la police de l'environnement et défendent leurs « bonnes pratiques ».

A lire dans la Voix du Jura, ici. Le contre-point scientifique, non abordé par l'article de nos confrères, est à lire ici et sur Factuel. 

SOS Loue et rivières comtoises dénonce une opération d'intimidation. Voir ici.

Dans le Jura neuchâtelois, on se promene en gardant ses distances

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Mardi 31 mars 2020 / La rédaction

Le Creux du Van et les gorges de l'Areuse pris d'assaut par les randonneurs : mais que fait la police suisse ? Elle n'est pas loin d'être d'accord avec cet élu pour qui « la promenade est une activité plutôt saine dans la situation que nous vivons actuellement ». A condition de respecter quelques règles…

Le Creux du Van, en août 2018 (photo d'archives DB)

Vues des montagnes neuchâteloises, les consignes de confinement à la française paraissent édictées pour les habitants des métropoles densément peuplées. Ainsi, le journal en ligne régional ArcInfo évoque la relative fréquentation, le week-end dernier, des nombreux sentiers de randonnée dont ceux du fameux site du Creux du Van ou des gorges de l'Areuse par des promeneurs. « Nous n’intervenons pas à l’égard des promeneurs, pour autant qu’ils respectent les directives officielles, soit pas plus de cinq personnes ensemble qui gardent leur distance envers les autres », explique le porte-parole de la Police neuchâteloise au journal après qu'une de ses lectrices ait fait un commentaire sur Facebook dans le genre : mais que fait la police ?

A voir ici.

Le psychanalyste Roland Gori évoque « la parole à responsabilité limitée » du gouvernement

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Mercredi 25 mars 2020 / Daniel Bordür

Le philosophe et psychanalyste estime aussi « inapproprié et maladroit » l'emploi du terme de « distanciation sociale » en lieu et place de la nécessaire distanciation physique qui doit aller de pair avec « la proximité et la solidarité sociales ».

Dans un entretien à L'Humanité (pour abonnés), le psychanalyste et philosophe Roland Gori, évoque les effets du confinement sur les personnes et interpèle le vocabulaire choisi pour décrire quelques unes des précautions préconisées. Il critique ainsi l'usage de l'expression « distanciation sociale » qu'il juge « inappropriée et maladroite. Bien au contraire, il convient d’inviter à la proximité et à la solidarité sociales, tout en exigeant une "distanciation physique". Il ne s’agit pas de se replier individuellement mais au contraire de mettre à profit ce temps suspendu pour être affectivement et socialement ensemble. »

Il pointe également le risque d’« infobésité » qui « provient de l’avalanche d’informations non triées, non expliquées, contradictoires et sans hiérarchisation. C’est la catastrophe des médias/spectacles, qui livrent une information qui n’a de valeur qu’au moment où elle émerge et produit ce symptôme des "sociétés du spectacle" (Guy Debord), où " le vrai n’est plus qu’un moment du faux" ».

Il pose aussi quelques questions cruciales suggérées par l'allocution présidentielle du 16 mars : « Si nous sommes en "guerre" (sept fois répété), pourquoi est-ce que ceux qui sont au front n’ont pas de munitions ? Qu’est-ce qui fait que le gouvernement n’a pas sanctionné cet état-major pitoyable qui a oublié de nous préparer à une guerre annoncée ? Pourquoi ne sanctionne-t-on pas plus sérieusement les arnaqueurs et les pilleurs qui tentent de profiter de la situation ? »… « j’essaie de montrer la légèreté d’une communication qui employant ce terme de "guerre" n’en tire pas les conséquences. En psychopathologie, cela s’appelle "une parole à responsabilité limitée" ».

Initiateur en 2008 de l'Appel des appels qui visait à la fédération des professionnels de différents secteurs du service public (éducation, justice, santé, culture) et fut signé par 80.000 personnes, auteur de nombreux ouvrages, Roland Gori a notamment écrit en 2013 La Fabrique des imposteurs (éditions Les Liens qui libèrent). A voir ici et

Augmenter son immunité face au coronavirus

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Lundi 23 mars 2020 / La rédaction

Un médecin homéopathe propose un traitement pour renforcer les défenses de l'organisme, sans fanfaronner ni faire de triomphalisme.

Médecin homéopathe à la retraite, le Dr Gilles Tisserand délivre dans un blog consacré à l'homéopathie et à la phytothérapie, quelques conseils préventifs pour tenter de renforcer les capacités immunitaires de l'organisme en cas d'exposition au Covid-19. Il y développe notamment le rôle de la thymuline et de la vitamine C.

Prudent, il conclut : « Voila une prévention simple, non toxique et somme toute peu onéreuse. Je ne peux dire si elle suffira, mais de toute manière il n’y a pas d’autres solutions en l’absence d’un vaccin, efficace, suffisamment expérimenté et dénué d’effets secondaires. De plus c’est le même combat contre la grippe, donc ce n’est pas peine perdue. Les infectiologues recommandent de ne pas utiliser les anti-inflammatoires (Advil entre autres) car ils sont immuno-dépresseurs et les corticoïdes qui sont immuno-suppresseurs. »

A voir ici.

Une pétition contre l'armement des policiers municipaux bisontins

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Mercredi 11 mars 2020 / La rédaction

« Les graves incidents de Planoise doivent être traités avec sérieux mais sans obscurcir notre jugement : la police municipale n'a pas pour mission de lutter contre le banditisme et la criminalité; cela relève de la responsabilité de l'Etat », peut-on notamment lire dans le texte de la pétition qui vient d'être lancée contre l'armement de la police municipale de Besançon.

A lire ici.

Le bouleau, c'est la santé !

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Vendredi 22 mars 2019 / La rédaction

« La récolte se fait les trois premières semaines de mars généralement, car c’est là que la sève est le plus chargée en oligoéléments et en vitamines. Le bouleau est un des premiers arbres qui se réveillent au printemps. Dès qu’il y a un peu de douceur et de lumière, il commence à travailler », , explique Angèle Morel à l'hebdomadaire La Terre de Chez nous.

Lire ici.

L'initiative sur le mitage rejetée en Suisse

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Mercredi 13 février 2019 / La rédaction

Parmi les autres sujets soumis à référendum citoyen, notons le rejet de la privatisation de l'eau à Zurich ou encore le refus des habitants de Montreux de rénover le centre de congrès qui accueille le fameux festival de jazz...

Les électeurs suisses ont rejeté à 63,7% le projet porté par le Jeunes Verts contre le mitage du territoire. Le journal Le Matin souligne qu'un « clivage grandes villes et campagne se dessine côté francophone. Genève, Lausanne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Fribourg et Bienne ont soutenu le texte. Outre-Sarine, seules de petites communes ou des quartiers en ont fait de même. »

Lire ici.

Laurent Berger critique les Gilets jaunes et Macron

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Jeudi 7 février 2019 / La rédaction

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a rendu visite à des équipes syndicales ce jeudi 7 février à Besançon. Il a notamment rencontré des représentants de l'usine Stanley en soulignant que la présence syndicale avait permis des compensations lors de la fermeture du site de Laissey, appartenant autrefois à Bost. Il a aussi critiqué les Gilets jaunes et Emmanuel Macron, les mettant quasiment dos à dos pour les violences...

Lire sur France 3.

Ehpad, une honte française, par Anne-Sophie Pelletier

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Lundi 28 janvier 2019 / La rédaction

La passionaria de la lutte de 117 jours de l'Ehpad des Opalines de Foucherans (Jura) publie un livre autobiographique où elle raconte comment, alors qu'elle gérait un appart-hôtel, elle plaque tout pour s'occuper des personnes âgées dépendantes. Notre confrère de France 3 Jérémy Chevreuil a publié une belle chronique qu'on  peut lire ici.

« Si on n'arrive à rien, on aura au moins appris à se connaître... »

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Vendredi 25 janvier 2019 / La rédaction

« Si on n'arrive à rien, on aura au moins appris à se connaître... » Cette petite phrase ironique est prononcée par un gilet jaune qui participe à l'occupation collective d'une cabane sur un terrain privé à proximité de l'échangeur autoroutier de Baume-les-Dames depuis plus de deux mois. Elle figure dans un reportage de 6 minutes réalisé par France 3 Franche-Comté.

A voir ici.

Le professeur Laurent Thines (CHU de Besançon) demande un moratoire sur les flash-ball

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Vendredi 25 janvier 2019 / La rédaction

Le professeur Laurent Thines, chef du service de neurochirurgie au CHU de Besançon, est à l'initiative d'une pétition adressé au ministre de l'Intérieur, réclamant un moratoire sur l'utilisation par les forces de l'ordre des armes sub-létales dans les manifestations. Il explique notamment qu'une étude a révélé qu'une personne sur cinq victime d'un tir de flash-ball ou de lanceur de balle de défense peut en mourir ou être blessé à vie.

Voir un rapide entretien sur France3 ici.

Le site de la pétition .

Les Gilets jaunes s'invitent au grand débat de LREM à Besançon

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Mardi 22 janvier 2019 / La rédaction

Une cinquantaine de Gilets jaunes ont fait irruption, vendredi 18 janvier, dans la salle Proudhon de Besançon où LREM avait prévu une réunion du fameux grand débat, en présence de Stanislas Guérini, le délégué général du mouvement.

France bleu Besançon rapporte des échanges houleux ici. La secrétaire régionale du PCF Evelyne Ternant, qui s'est également invitée à cette réunion, explique sur Facebook avoir fait applaudir les positions de son parti sur le CICE ou l'ISF qu'elle a pu présenter. Les jeunes Marcheurs signalent le moment en quelques lignes...

La police rappelée à l'ordre sur l'utilisation du flash-ball

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Mercredi 16 janvier 2019 / La rédaction

Mots-clés: gilets jaunes

« Suite à l'utilisation de lanceurs de balles de défense type flash-ball lors d'événements récents, je vous demande de rappeler à l'ensemble de vos effectifs les règles impératives d'utilisation de ces types d'armement, précise d'emblée le haut fonctionnaire. En ce qui concerne le flash-ball : usage limité au seul cadre de la légitime défense de soi-même ou d'autrui, respect de la distance minimale de tir de 7 m afin d'éviter toute lésion corporelle, au visage notamment. », a écrit dans une circulaire à l'ensemble des patrons départementaux de la sécurité publique, le responsable de sa direction centrale, Eric Le Douaron.

Lire dans Le Parisien ici.

De l’excellence à la médiocrité dans la gestion du maintien de l’ordre...

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Mardi 8 janvier 2019 / La rédaction

Andy Crups, officier de police retraité et militant CGT, analyse l'évolution de la doctrine des vingt dernières années dans un très détaillé article du blog « Délinquance justice et autres questions de société » qu'anime le chercheur Laurent Mucchielli. Il met notamment en cause la judiciarisation du maintien de l'ordre au détriment de la sécurité des personnes et de la liberté de manifester.

Mots-clés: gilets jaunes
Besançon, 8 décembre 2018. Juste avant le gazage... (Photo d'archives)

« Il est curieux que, quelques mois après les commémorations autour de mai 1968, il n’ait pas été retenu grand-chose des témoignages pourtant clairs des acteurs de l’époque ». Ainsi commence le long article d'Andy Crups intitulé Gilets jaunes : la B.R.I. nouveau couteau suisse de l’Ordre Public ? que publie le blog du sociologue Laurent Mucchielli, dont les recherches sont spécialisées dans les questions sécuritaires.

L'ancien officier de police se demande ainsi « comment en une vingtaine d’années est-on passé de l’excellence à la médiocrité dans la gestion du Maintien de l’Ordre ? » Il évoque la création des différentes unités de police qui ont progressivement remplacé l'armée qui, au 19è siècle, « soit tirait sur la foule sans discernement (...) soit s'y ralliait (...) puisque la troupe avait pour mission de défendre la nation et son peuple ».

Crups insiste surtout sur la nécessité d'une doctrine et semble considérer que celle-ci est désormais absente et vise davantage à punir qu'à protéger. On sent là la tension entre deux conceptions : celle d'une police de maintien de l'ordre et celle d'une police au service des libertés publiques... 

Extrait : « La doctrine initiale des unités a évolué sur deux points majeurs que sont la judiciarisation de l’ordre public et le rôle du commandant de la force publique. Un effet collatéral de la déstructuration hiérarchique des CRS [par la réforme de 1995], est que non seulement nombre de cadre font un court passage mais ils importent souvent des logiques de fonctionnement de la direction de la sécurité publique qui sont des logiques de généralistes et non de spécialistes. Un exemple flagrant est la judiciarisation du maintien de l’ordre au détour des années 2000 alors que jusque-là les interpellations durant le maintien de l’ordre visaient à neutraliser momentanément les leaders négatifs la demande a été de pénaliser les mauvais comportements des manifestants. En 1968 lors des journées les plus dures du mouvement on compte un peu plus de 400 interpellations. En réalité ces interpellations étaient des conduites au poste pour vérifications d’identité. Le travail procédural était des plus réduits et les services de renseignements pouvaient alimenter leur fichier. En 2018 lorsque l’on compte un millier d’arrestations c’est une toute autre histoire, on souhaite punir pénalement les mauvais comportements. Le bilan : un investissement procédural énorme pour des acteurs plus naïfs que casseurs. Ce travail est stérile et fait montre d’une mauvaise connaissance de la psychologie des foules et donc du métier de maintien de l’ordre. Au lieu de mobiliser les unités à interpeller à tour de bras il faudrait rester concentrer sur les leaders car une foule n’est pas une addition de réflexion mais seulement l’adhésion aveugle au leader occasionnel qu’il soit positif ou négatif. »

La conclusion de cet article du 15 décembre résonne avec les nombreuses critiques émises par les manifestants, mais le plus souvent ignorées des responsables politiques et des médias de masse : « l’ordre public républicain ne peut s’accommoder d’un recours excessif aux moyens pyrotechniques qui en réalité tentent de pallier les insuffisances actuelles de même faire procéder à des arrestations par des agents intervenant hors cadre de l’unité constituée, qui visent à punir au lieu de protéger est le premier pas vers le renoncement à la liberté de manifester qu’il a fallu plus d’un siècle à conquérir... »

Lire l'article ici.

On peut aussi lire ou relire cet article du site de l'ACAT (Association des Chrétiens pour l'abolition de la torture) qui, en novembre 2017 établissait un comparatif des moyens policiers de différents pays européens, montrant une inquiétante exception française que les annonces du Premier ministre ne sont pas près de réfréner...

 

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